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Mémoire des Disparus
Conservatoire numérique

Préservation numérique du patrimoine irisarien français menacé — collections fermées, cultivars perdus, liste rouge de l’iris français

Patrimoine génétique ~700–800 cultivars introuvables 7 collections fermées SFIB 2026
Le patrimoine irisarien français subit une érosion critique. Sur environ 1 300 cultivars historiques créés par les grands hybrideurs français — Lémon, Denis, Millet, Vilmorin, Cayeux, Anfosso, Ransom — 700 à 800 sont aujourd’hui potentiellement introuvables dans aucune collection active connue. La Seconde Guerre mondiale, la fermeture successive de pépinières historiques et le vieillissement des hybrideurs ont accentué cette hémorragie. Ce dossier constitue le premier inventaire systématique de ces pertes et des menaces qui pèsent sur le patrimoine vivant.

Synthèse — L’érosion du patrimoine irisarien français

Premier inventaire systématique des collections fermées, cultivars perdus et menaces pesant sur le patrimoine génétique de l’iris français.

La France a été, du milieu du XIXe siècle jusqu’aux années 1950, le premier pays créateur d’iris au monde. De Jean-Nicolas Lémon à Ferdinand Cayeux, en passant par Millet & Fils, Vilmorin-Andrieux, Fernand Denis et les Anfosso, ces hybrideurs ont produit un patrimoine génétique d’une richesse irremplacable. Aujourd’hui, la majorité de ces cultivars ont probablement disparu.

~1 300 Cultivars français documentés
~450 Probablement conservés
~60% Potentiellement perdus
7 Collections fermées/menacées

Bilan global par hybrideur

HybrideurPériodeDocumentésConservésIntrouvables
Lémon1839–1870s~100+~2–5~95+
Denis1900–1935~50–60~5–10~45–50
Millet & Fils1896–1940~108~13~95
Vilmorin-Andrieux1893–1951~120–150~17~110–130
Cayeux (Ferdinand)1906–1959~400–420~50–75~325–370
Cayeux (Jean)1957–1993~80–100~50+~30–50
Anfosso (famille)1978–2022~116~20–30~85–95
Ransom1991–2016~150+~100+~30–50
Laporte2004–2025~114~100+~10–15
Peyrard1989–2010~50+~10–15~35–40

Constats clés

La Seconde Guerre mondiale a provoqué la destruction massive des collections françaises — Ferdinand Cayeux cultivait des pommes de terre sur les terrains jadis voués aux iris. La fermeture successive de pépinières historiques (Millet ~1940, Vilmorin années 1940, Anfosso 2022) a accentué cette hémorragie. Seules quatre Collections Nationales CCVS et quelques collectionneurs privés maintiennent un filet de sécurité fragile pour ce patrimoine génétique irremplacable.

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Anfosso / Iris en Provence — Hyères, Var

Pépinière fondée en 1974, fermée définitivement en octobre 2022. 116 iris et 158 hémérocalles enregistrés.

Correction géographique

Contrairement à l’indication parfois répétée de Mouans-Sartoux (06), la pépinière était située à La Crau puis Hyères (83400, Var), avenue L. Ritondale (ex Voie Olbia). Le nom « Iris en Provence® » était une marque déposée.

Pierre Anfosso (1928–2004), artiste peintre d’un certain renom, commence à collectionner les iris au début des années 1960 avec son épouse Monique. Au début des années 1970, Pierre se forme à l’hybridation auprès des grands obtenteurs américains Joseph Ghio, Keith Keppel et Ben Hager via l’AIS. Le premier catalogue paraît en 1974.

La famille hybridrice

La maison Anfosso est une véritable dynastie : Pierre (fondateur), Monique (épouse), Pierre-Christian Anfosso (fils — auteur du célèbre ’Lorenzaccio de Médicis’), Laure Anfosso (fille, dernière exploitante), Marin Le May (petit-fils, premières hybridations 2016–2018), Vivette Sazio-Anfosso, et l’obtenteur associé Éric Besse (iris de Louisiane).

Chronologie

Début 1960sPierre et Monique collectionnent des iris à La Crau
1974Premier catalogue, naissance de la pépinière
1978Premier iris enregistré : ’Lorenzaccio de Médicis’ (P.-C. Anfosso)
1979Déménagement à Hyères ; premières obtentions de Pierre (’Nuit Blanche’, ’Maldoror’)
~1990Retraite de Pierre et Monique
2004Décès de Pierre Anfosso
2005Laure Anfosso reprend l’exploitation
Fin 2020Arrêt de la VPC, vente de potées sur place uniquement
Octobre 2022Fermeture définitive — retraite de Laure Anfosso

Cultivars notables créés

Grands barbus (TB)

’Lorenzaccio de Médicis’ (1978), ’Nuit Blanche’ (1979), ’Maldoror’ (1979), ’Écho De France’ (1984, HM), ’Carmen X’ (1984), ’Bar De Nuit’ (1986), ’Voleur De Feu’ (1988), ’Révolution’ (1988 — aux couleurs du drapeau français), ’Bastille’ (1988), ’Douce France’ (1988), ’Citoyen’ (P.-C. Anfosso, 1989), ’Fondation Van Gogh’ (M. Anfosso, 1990), ’Massalia’ (P.-C. Anfosso, 2012).

Barbus nains et intermédiaires

BB : ’Attrape Cœur’ (1985), ’Top Secret’ (1988), ’Clip’ (1990). SDB : ’Petite Fugue’ (1983), ’Diablotin’ (1990), ’Djinn Bon Génie’ (2014).

Spuria et Louisiana

Spuria : ’Mezcal’ (1988), ’Ténéré’ (1989), ’Don Giovanni’ (1989), ’Louqsor’ (1990). Louisiana : ’Tequila’ (1988), ’Barbare’ (1989).

Réussites biologiques (descendance mondiale)

Quatre cultivars identifiés comme particulièrement réussis par leur descendance : ’Citoyen’, ’Écho De France’, ’Flûte Enchantée’, ’Révolution’.

Cultivars non enregistrés — probablement perdus

« Corvette », « Nuages Interdits », « Ubu Blues », « Banlieue Bleue », « Touareg », « Sahara Sud », « Kalahari » — ces iris n’ont jamais été formellement enregistrés auprès de l’AIS, les privant de toute traçabilité internationale.

Devenir de la collection

La fermeture a été « pure et simple » selon Sylvain Ruaud (irisenligne, février 2023). Aucun transfert formel de la collection physique vers une institution ou un conservatoire n’a été documenté. Les sites irisenprovence.com et iris-en-provence.fr sont définitivement fermés. Le patrimoine numérique (certificats d’enregistrement, catalogues PDF, arbres de descendance) a cependant été archivé sur wiki.irises.org dans les années 2010. Les cultivars non enregistrés et non diffusés commercialement sont les plus menacés de disparition totale.

Risque critique — Collection physique vraisemblablement dispersée ou détruite.

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Lawrence Ransom — Iris au Trescols

Hautefage-la-Tour, Lot-et-Garonne. 1954–2016. Le plus important créateur français d’iris Arilbreds.

Lawrence Ransom (1954–2016) était un hybrideur franco-britannique basé au lieu-dit « Trescols » à Hautefage-la-Tour (47). Il était le plus important créateur français d’iris Arilbreds et l’un des hybrideurs les plus talentueux de sa génération, travaillant dans un nombre exceptionnel de catégories : TB, BB, IB, SDB, MDB, MTB, Arilbred, Arils purs, Species, Spuria.

Ransom publie ses premiers articles dans Iris et Bulbeuses dès 1987 et enregistre ses premières variétés en 1991 (’Opéra Bouffe’ TB, ’Aliénor d’Aquitaine’ IB). Il est aussi un historien de l’iris, auteur de l’article de référence sur la collection Simonet (1996–97).

Décès et sauvetage

Lawrence Ransom est décédé subitement le 31 juillet 2016 à 62 ans. Son frère aîné a préservé les données de croisements. La SFIB, sous la direction de Roland Dejoux, a évalué les semis en observation. En 2022, cinq enregistrements posthumes ont été réalisés : ’Souvenir De Lawrence’ (AB), ’Marpau Du Trescols’ (IB), ’Alexandre Guermont’ (TB), ’Lula Do Brasil’ (TB), ’Sumire’ (TB).

Cultivars notables (~150+ enregistrements)

Arilbreds (spécialité)

Série ’Vera-’ (1995–97), ’Honey Oasis’ (2011), ’Pashtun Princess’ (2011), ’Spices At Dusk’ (2010), ’Yalda’ (2015), ’Souvenir De Lawrence’ (2022, posthume).

Grands barbus (TB)

’Opéra Bouffe’ (1991), ’Coup De Foudre’ (1993), ’Parfum De France’ (1999), ’Titanium’ (1999), ’Armagnac’ (2006), ’French Touch’ (2010), ’Ma Dulcinée’ (2015).

Nains standard (SDB)

’Damnation’ (1996), ’Messe Noire’ (2000), ’Tralala’ (2004), ’Jeunesse Dorée’ (2009).

Devenir de la collection

La totalité des créations de Ransom a été récupérée par Roland Dejoux (Les Iris de Laymont, Gers). Un Prix Lawrence Ransom au concours FRANCIRIS récompense les trois iris les plus floriferes. Christine Cosi (Iris en Périgord) a nommé un iris ’Lawrence Ransom’ (2018) en son hommage.

Risque modéré — Collection sauvegardée chez Dejoux, mais la pérennité dépend d’une seule personne.

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Bernard Laporte — Iris en Vivarais

Larnas, Ardèche. Hybrideur actif. 2 000 à 3 000 variétés, ~114 cultivars enregistrés.

Bernard Laporte, ancien facteur installé à Larnas depuis 1959, est un hybrideur actif basé aux Gerbaux, 07220 Larnas. Sa passion pour les iris date des années 1990. Sa collection — entre 2 000 et 3 000 variétés en plein champ — est l’une des plus importantes de France. Elle comprend ses propres créations, des variétés américaines et australiennes (Barry Blyth notamment). La vente se fait sur place uniquement, sans VPC ni site de vente en ligne.

Bilan créatif

Environ 114 cultivars enregistrés (102 TB + 4 BB sous son nom, plus 8 via Virginie Fur en 2004). Premiers enregistrements en 2004, derniers en 2025. Distinctions : 2e prix FRANCIRIS 2011 (’Échirolles’), Prix des Fleuristes FRANCIRIS 2019 (’Désert D’Atacama’).

Statut actuel

Actif en 2025–2026. Nouvelles introductions chaque année. Page Facebook active. Cultivars distribués commercialement par Bourdillon Iris (Soings-en-Sologne) et présents chez Les Iris de Laymont (Dejoux). Nicolas Bourdillon utilise abondamment des semis Laporte comme parents dans ses propres créations 2024.

Point de vigilance

La question de la succession se posera inévitablement. L’absence de VPC et de label CCVS rend cette collection dépendante de la présence physique de son créateur. Les cultivars les plus anciens (2004–2006) et ceux enregistrés via Virginie Fur (’Dame du Lac’, ’Fontaine de Jouvence’, ’Joli Page’, ’Roi Arthur’, ’Sire de Bréal’) sont les plus susceptibles de devenir introuvables.

Risque faible à court terme Risque élevé à long terme — Aucun plan de succession documenté.

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Millet & Fils — Bourg-la-Reine, puis Amilly

Dynastie horticole active de 1838 à ~1940. Environ 108 variétés documentées, 88% probablement perdus.

Armand Millet (1845–1920) reprend l’exploitation familiale en 1868 à Bourg-la-Reine, se spécialisant dans les fraisiers, violettes, pivoines, dahlias et iris. Son fils Alexandre puis son petit-fils Lionel poursuivent l’activité. En 1870, l’occupation prussienne détruit la propriété ; tout est reconstruit. Vers 1930, chassée par l’urbanisation, la pépinière déménage à Amilly (Loiret), près de Montargis. L’entreprise cesse ses activités vers 1938–1940, n’ayant pas survécu à la Seconde Guerre mondiale. La municipalité de Bourg-la-Reine a donné le nom de « rue Armand-Millet » à une voie tracée en 1925.

Production

Environ 108 variétés documentées (1896–1940), principalement des TB, avec quelques SDB, IB, MDB, AR et LA. Le premier catalogue illustré d’iris date de 1924. La production de 1940 — une série de noms de provinces françaises (’Aquitaine’, ’Artois’, ’Auvergne’, ’Bourgogne’, ’Gascogne’, ’Île de France’, ’Languedoc’, ’Lorraine’, ’Provence’…) — constitue le testament horticole de la maison.

Cultivars survivants confirmés (13 sur ~108)

CultivarAnnéeTypeLocalisation connue
’Souv. de Mme Gaudichau’1914TBLe plus célèbre — Woottens UK, Twyford NZ, Monticello USA. Ancêtre de presque tous les iris bleus modernes.
’Germaine Perthuis’1924TBBrocéliande, HIPS, collections multiples
’Col. Candelot’1907TBCollections privées
’Corrida’1914TBirisparadise.com
’Amneris’1925TBCollections privées
’La Bohémienne’1926TBCollections privées
’Henri Rivière’1927TBCollections privées
’Messaline’1927TBCollections privées
’Mary Senni’1930TBCollections privées
’Paulette’1930TBirisparadise.com
’Héliané’1931TBCollections privées
’Chouane’1937TBCollections privées
’Roméo’1912IBCollections privées

Publication HIPS dédiée : Historical Chronicles, No. 4 — Millet Irises (41 pages).

Risque très élevé — Entreprise disparue depuis 85 ans, ~88% des cultivars probablement perdus.

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Vilmorin-Andrieux et Cie — Paris / Verrières-le-Buisson

L’une des plus grandes maisons grainières au monde. Programme iris de 1893 à 1951. ~89% des cultivars probablement perdus.

Le programme iris est initié par Philippe de Vilmorin (1872–1917) qui rachète en 1903 la collection Verdier. Le jardinier en chef Séraphin Mottet réalise physiquement les croisements. Vilmorin est le premier hybrideur à croiser commercialement des iris tétraploïdes du Proche-Orient (comme ’Amas’) avec les variétés européennes diploïdes. En 1904, ’Tamerlan’, ’Isoline’, ’Oriflamme’ et ’Miriam’ inaugurent une nouvelle ère pour l’iris de jardin moderne.

Apogée en 1920 avec ’Ambassadeur’, ’Ballerine’, ’Chasseur’. La mort de Philippe en 1917 et le départ de Mottet affaiblissent le programme. Dernières introductions posthumes en 1951 (série instruments de musique).

Cultivars confirmés survivants (~17 sur ~150)

CultivarAnnéeNotes
’Caprice’1898Survivant, rare — le plus ancien Vilmorin en vie
’Tamerlan’1904Récemment redécouvert — importance historique majeure
’Isoline’1904Survivant chez collectionneurs (triploïde, croissance difficile)
’Monsignor’1907Répandu dans les vieux jardins
’Alcazar’1910Le plus cultivé de tous les iris historiques hybrides
’Eldorado’1910Rare
’Archevêque’1911Survivant
’Parisiana’1911Survivant (important parent de plicatas)
’Déjazet’1914Très rare
’Opéra’1916Survivant (culture difficile)
’Magnifica’1919Difficile à établir
’Ambassadeur’1920Le plus célèbre Vilmorin — survivant
’Ballerine’1920Récemment réintroduit
’Chasseur’1920Seul jaune survivant de Vilmorin
’Medrano’1920Très lent, rarement en fleur
’Antarès’1927Premier broken-color tétraploïde — bien conservé

Cultivars confirmés PERDUS (source HIPS)

’Oriflamme’ (1904), ’Candélabre’ (1909), ’Ambigu’ (1916), ’Alliés’ (1920), ’Cluny’ (1920 — un imposteur circule dans les collections), ’Molière’ (1920), ’Cassiopée’ (1926), ’Le Corrège’ (1927), ’Édouard Michel’ (Verdier/Vilmorin).

Collections conservatoires

Jardins de Brocéliande (Bretagne) conservent Altaïr, Argos, Audran, Ballerine, Bellatrix, Debussy, Feydeau, Linon, Opéra, etc. Le Parc Floral de La Beaujoire (Nantes) conserve 24 iris Vilmorin documentés. Le Parc Floral de Paris conserve la série instruments de musique. La HIPS (USA) a publié Historical Chronicles, No. 5 — Vilmorin, Andrieux (35 pages).

Risque très élevé — ~89% des cultivars probablement perdus, programme arrêté depuis 75 ans.

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Cayeux — Cultivars historiques retirés

Ferdinand Cayeux (1864–1948) : ~400–420 cultivars, 10 Dykes Medal. Sur le catalogue 2026, un seul de Ferdinand subsiste.

Ferdinand Cayeux est le plus prolifique hybrideur d’iris français, avec environ 400–420 cultivars enregistrés à l’AIS. Il reçoit dix Dykes Medal françaises (toutes celles de 1928 à 1938) et la Foster Memorial Plaque (1935). La dynastie se poursuit avec René (fils, gestionnaire), Jean Cayeux (1926–2017, ~100 cultivars), et Richard Cayeux (né 1958, ~200–300 cultivars, actif jusqu’à la cession à Eoden Nature en février 2024).

Le catalogue 2026

Le site iris-cayeux.com propose ~600 variétés, dont ~200 créations maison (principalement Jean et Richard). La section « Historique » contient environ 15 cultivars anciens toutes origines confondues. Sur les ~400 cultivars de Ferdinand, un seul est confirmé au catalogue actuel : ’Ma Mie’ (1906), retrouvé par Richard Cayeux en République Tchèque. Le taux de disparition commerciale dépasse 99%.

Cultivars de Ferdinand confirmés vivants (~50–75 sur ~400)

CultivarAnnéeLocalisation confirmée
’Ma Mie’1906Catalogue Cayeux 2026, Brocéliande
’Thaïs’1926SFIB photos, collections
’Nêné’1928Brocéliande, SFIB
’Pluie d’Or’1928SFIB, collections (Dykes Medal 1928)
’Député Nomblot’1929Brocéliande, SFIB, Beaujoire (Dykes Medal)
’Évolution’1929Brocéliande, HIPS
’Polichinelle’1929SFIB
’Jean Cayeux’1931Brocéliande, HIPS, mondial (Dykes Medal 1931)
’Sérénité’1931SFIB
’Directeur Pinelle’1932SFIB, Brocéliande
’Béotie’1932Brocéliande, collections UK
’Mme Louis Aureau’1934HIPS, collections
’Louvois’1936Brocéliande, SFIB
’Agrippa’1936Brocéliande, SFIB
’Séraphîta’1946HIPS (classé endangered)
’Esclarmonde’1947Brocéliande, UK
’Lugano’1959SFIB (« toujours cultivé »)

Un collectionneur britannique déclare posséder environ 75 iris de Ferdinand Cayeux dans son jardin (2021). La Collection Nationale des Jardins de Brocéliande conserve également ’Acropole’, ’Aigue-Marine’, ’Arioste’, ’Cameroun’, ’Dona Sol’, ’Drap d’Or’, ’Farandole’, ’Jérusalem’, ’Rose-Marie’, ’Salonique’, et d’autres.

Risque élevé — ~82–88% des cultivars de Ferdinand potentiellement introuvables.

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Jean Peyrard — Seyssinet-Pariset, Isère

Né en 1941. Enseignant retraité, responsable des enregistrements français à l’AIS. Plus de 50 cultivars.

Jean Peyrard est un hybrideur actif de la fin des années 1980 à 2010, avec plus de 50 cultivars enregistrés dans un nombre remarquable de catégories. Auteur prolifique dans Iris et Bulbeuses (1981–2009).

Spécificités uniques

Peyrard est le seul hybrideur français de Pacific Coast Natives (’Tropézienne’ 1995, ’Sonam’ 1997, ’Viva Maria’ 1998), créateur du premier iris ensata français (’Messire Mickael’ 2000), et pionnier français des iris Space Age (’Ostrogoth’ 1993, ’Mon Prince’ 2006, ’Athaeneos’ 2009).

Statut

Inactif depuis 2010. Aucun enregistrement depuis 15 ans. La diffusion de ses iris était assurée par Lawrence Ransom (décédé 2016). Certains cultivars conservés par Christine Cosi (Iris en Périgord) et des collectionneurs privés. À 84–85 ans, la question de la transmission de sa collection est urgente.

Cultivars particulièrement menacés

Les Pacific Coast Natives (’Tropézienne’, ’Sonam’, ’Viva Maria’) et l’iris ensata ’Messire Mickael’ (2000) sont particulièrement vulnérables, car ces catégories sont très peu cultivées en France et le réseau de diffusion (Ransom) a disparu.

Risque critique — Hybrideur âgé, inactif, collection non labellisée.

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Autres hybrideurs et collections — État des lieux

Dejoux, Boivin, Cancade, Cosi, Dauphin… et le paysage actuel des pépinières françaises.

Roland Dejoux (Laymont, Gers)

Très actif. Président de la SFIB depuis 2012–2013. Environ 140+ cultivars enregistrés depuis 2019, ~300 croisements par an. Warburton Medal 2019. A sauvé la collection Ransom et réalisé les enregistrements posthumes. Collection de ~1 000 variétés. Distributeur via Les Iris de Laymont.

Risque faible

Stéphane Boivin (Les Avenières, Isère)

Actif. Entreprise IRISISTIBLE (irisistible.fr), créée 2010. Trésorier adjoint SFIB. Premier iris ’Big Bang’ (2011). Enregistrements réguliers jusqu’en 2024.

Risque faible

Sébastien Cancade (Annonay, Ardèche)

Actif. Né en 1979 (le plus jeune hybrideur français documenté). « Les Iris du Grand Mûrier », 1 000 m². Spécialiste du type « distalata ». Membre du bureau SFIB. Premiers enregistrements 2008.

Risque faible

Christine Cosi / Iris en Périgord (Dordogne)

Active. Diffuse des cultivars de Ransom et Peyrard. A créé ’Lawrence Ransom’ (2018) en hommage.

René Dauphin (décédé 2008)

Hybrideur dont 5 variétés ont été enregistrées posthumément par Roland Dejoux, dont ’René Dauphin’ (2008). Collection intégrée chez Dejoux.

Le paysage commercial en 2025–2026

Sylvain Ruaud observait en 2022–2023 qu’il ne reste plus que deux pépinières majeures consacrées aux iris en France : Cayeux S.A. (cédée à Eoden Nature en février 2024, avenir incertain) et Bourdillon Iris (Soings-en-Sologne). La fermeture d’Iris en Provence (2022) a été un coup sévère. Le réseau de diffusion commerciale est donc extrêmement fragile.

Obtentions non enregistrées : un angle mort

De nombreuses créations françaises n’ont jamais été formellement enregistrées auprès de l’AIS, les privant de toute traçabilité internationale. Les obtentions de Luc Bourdillon (dont ’Splendeur des Tropiques’) restent non enregistrées.

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Collections conservatoires — Le filet de sécurité CCVS

Six collections d’iris labellisées par le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées.

Les Collections Nationales CCVS d’iris

LabelCollectionLieuContenu
NationaleCultivars français d’Iris germanicaJardins de Brocéliande, Bréal-sous-Montfort (35)1 000+ variétés françaises 1840–nos jours
NationaleIris germanicaParc Floral de la Source, Orléans (45)Gestion bénévole SHOL, agréée 2010, nationale 2018
NationaleIris germanica (coll. Simonet)Jardin Botanique de Paris / Parc Floral (75)~300 variétés historiques (1800–1960)
NationaleIris rhizomateux hors barbusJean-Claude Jacob, Les Iris de la Baie, Saint-Pol-de-Léon (29)Collection privée spécialisée
AgrééeIris germanicaCommune de Saint-Cyr-en-Val (45)Suivi SHOL
AgrééeIris botaniquesJardin des Plantes de Rouen (76)Iris historiques

Jardins de Brocéliande — collection clé

Labellisée depuis 2003, c’est la collection la plus critique pour le patrimoine français. Elle conserve des iris de Ferdinand Cayeux, Jean Cayeux, Vilmorin, Millet, Denis, Simonet et d’autres obtenteurs français du XIXe–XXe siècle. Issue en partie du sauvetage de la collection Simonet (Marc Simonet, cytologiste INRA décédé en 1965, dont la collection a transité par le MNHN → Parc Floral de Vincennes → Brocéliande).

Autres collections publiques

Le Parc de Bagatelle (Paris), créé par Forestier vers 1905–1920, est une collection de vitrine non labellisée CCVS. Le MNHN / Jardin des Plantes présente 150 à 260 variétés d’iris devant la Galerie de Paléontologie. Le Parc Floral de la Beaujoire (Nantes) conserve 24 iris Vilmorin. Le Parc de Clères (Seine-Maritime) détient 520 iris de jardin et 120 iris nains. Le Domaine de Chaumont-sur-Loire maintient 446 taxons d’iris.

Paradoxe international

Les iris français historiques survivent souvent mieux à l’étranger qu’en France. La HIPS (USA) possède des programmes dédiés (Guardian Gardens, Posterity Planning). ’Ma Mie’ de Cayeux a été retrouvé en République Tchèque. ’Souv. de Mme Gaudichau’ est commercialisé au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande. ’Alcazar’ (Vilmorin, 1910) est probablement plus cultivé aux États-Unis qu’en France.

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Liste rouge — Cultivars français probablement perdus

Inventaire non exhaustif des cultivars identifiés comme introuvables dans aucune collection active connue.

Catégorie 1 : Confirmés perdus (source HIPS)

’Oriflamme’Vilmorin, 1904 — un des quatre hybrides tétraploïdes pionniersPerdu
’Candélabre’Vilmorin, 1909Perdu
’Ambigu’Vilmorin, 1916Perdu
’Alliés’Vilmorin, 1920Perdu
’Cluny’Vilmorin, 1920 — un imposteur circulePerdu
’Molière’Vilmorin, 1920Perdu
’Cassiopée’Vilmorin, 1926Perdu
’Le Corrège’Vilmorin, 1927Perdu
’Édouard Michel’Verdier/VilmorinPerdu

Catégorie 2 : Cultivars Lémon quasi-certainement perdus (pré-1870)

La totalité des ~100 cultivars de Jean-Nicolas Lémon (1817–1895), premier grand hybrideur, sont vraisemblablement perdus, à l’exception possible de ’Othello’ (1848) et ’Victorine’ (1840, premier plicata tétraploïde connu). Exemples : ’Turenne’, ’Samson’, ’Raphaël’, ’Julia Grisi’, ’Mme Lémon’, ’Bougainville’, ’Walter Scott’, ’Marie Stuart’, ’Unique’.

Catégorie 3 : Cultivars Millet probablement perdus (~95 sur ~108)

Exemples : ’Agamemnon’ (1896), ’Atlas’ (1903), ’Ivanhoe’ (1911), ’Verdun’ (1916), ’Commandant Driant’ (1919), ’Albâtre’ (1920), ’Gargantua’ (1923), ’Gén. Gallieni’ (1923), ’Marouf’ (1926), ’Ruy Blas’ (1927), ’Hedja’ (1928). Toute la série provinciale de 1940 (’Aquitaine’, ’Artois’, ’Auvergne’…) est vraisemblablement perdue.

Catégorie 4 : Cultivars Denis probablement perdus

La plupart des ~50 cultivars de Fernand Denis sont introuvables. Exemples : ’Mme Claude Monet’ (1916), ’Mme de Sévigné’ (1916), ’Our King’ (1916), ’René Denis’ (1922), ’Brégaillon’ (1930), ’Don Pablo’ (1930).

Catégorie 5 : Cultivars Cayeux (Ferdinand) à risque critique

Sur ~400 cultivars, plus de 300 sont potentiellement introuvables. La production de guerre et d’après-guerre est particulièrement menacée : la quasi-totalité de la production 1937 (56 cultivars en une seule année), les cultivars des années 1920 n’ayant pas reçu de Dykes Medal, et les enregistrements posthumes tardifs. ’Séraphîta’ (1946) est classé « endangered » par HIPS.

Catégorie 6 : Cultivars Anfosso dispersés ou perdus

Après la fermeture d’octobre 2022, les cultivars non enregistrés sont les plus menacés. Les Spuria et Louisiana peu diffusés commercialement (’Mezcal’, ’Ténéré’, ’Sagittaire’, ’Tequila’, ’Barbare’) sont également à risque élevé.

Catégorie 7 : Cultivars Peyrard menacés

Les Pacific Coast Natives (’Tropézienne’, ’Sonam’, ’Viva Maria’) et l’iris ensata ’Messire Mickael’ (2000) sont particulièrement vulnérables.

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Risques structurels — et enjeux pour l’avenir

Les menaces systémiques pesant sur le patrimoine irisarien français et les priorités d’action.

Le vieillissement des hybrideurs

Le monde irisarien français repose sur un nombre très restreint d’individus, souvent âgés. Jean Peyrard (84–85 ans), les Chapelle (Jardin d’Iris Bubry, actifs depuis plus de 20 ans), Jean-Claude Jacob (retiré du CA SFIB en 2022) — la transmission de ces collections privées à des structures pérennes est rarement organisée. Le décès brutal de Lawrence Ransom en 2016 illustre le risque : sans l’intervention rapide de Roland Dejoux, toute son œuvre aurait pu disparaître.

Fragilité du réseau commercial

Deux pépinières majeures seulement subsistent : Cayeux S.A. (avenir incertain après cession à Eoden Nature) et Bourdillon Iris. La fermeture d’Iris en Provence en 2022 a été un coup sévère. Ce réseau de diffusion extrêmement fragile signifie que la disparition d’un seul acteur a des conséquences disproportionnées.

Obtentions non enregistrées

De nombreuses créations françaises n’ont jamais été formellement enregistrées auprès de l’AIS, les privant de toute traçabilité internationale. Ce phénomène touche de nombreux hybrideurs amateurs dont les semis restent dans un anonymat total.

Le système CCVS : nécessaire mais insuffisant

Les quatre Collections Nationales offrent un cadre institutionnel, mais leur pérennité opérationnelle dépend du bénévolat (cas d’Orléans géré par la SHOL), des budgets municipaux, ou de la volonté d’individus. La collection Simonet, déplacée trois fois en 60 ans (INRA → MNHN → Vincennes → Brocéliande), illustre cette fragilité.

La SFIB réalise actuellement un inventaire de toutes les variétés d’iris présentes en France — effort considérable dont les résultats complets ne sont pas encore publiés.

Priorités d’action pour un conservatoire numérique

1. Base de données croisée

Créer un registre croisant les cultivars enregistrés avec leur présence confirmée dans les collections actives — la pièce manquante de l’écosystème de conservation.

2. Plans de succession

Organiser la succession des hybrideurs âgés : Jean Peyrard en urgence, Bernard Laporte à anticiper. Éviter le scénario Anfosso (fermeture sans transfert).

3. Numérisation des catalogues historiques

Numériser systématiquement les catalogues encore en mains privées avant leur perte définitive.

4. Protocole de sauvetage rapide

Établir un protocole d’intervention pour les fermetures de collections — contrairement au cas Anfosso où rien n’a été organisé.

5. Collaboration internationale

Partenariat avec la HIPS américaine (Guardian Gardens, Posterity Planning) pour les cultivars antérieurs à 1950. Les iris français historiques survivent souvent mieux à l’étranger qu’en France.

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Sources et références

Documentation utilisée pour la constitution de ce dossier.

Bases de données et wikis

AIS Iris Wiki — wiki.irises.org — Pages des hybrideurs Anfosso, Ransom, Laporte, Millet, Vilmorin, Cayeux, Peyrard, Denis, Cancade, Dejoux ; pages des pépinières Iris en Provence, Millet & Fils.

HIPS — historiciris.org — Historical Chronicles No. 4 (Millet) et No. 5 (Vilmorin) ; listes de cultivars survivants et endangered.

CCVS — ccvs-france.org — Répertoire des collections labellisées d’iris.

Blogs et sites spécialisés

irisenligne (Sylvain Ruaud) — irisenligne.blogspot.com — Articles sur la fermeture d’Iris en Provence, le paysage des pépinières françaises, les hybrideurs.

World of Irises (AIS Blog) — Articles de Richard Cayeux sur les hybrideurs français (2018), sur Philippe de Vilmorin (2020), sur l’histoire des iris en France (2021).

Iris en Périgord — iris-en-perigord.com — Galeries photographiques des hybrideurs français.

Les Iris de Laymont — les-iris-de-laymont.fr — Créations Ransom posthumes, historique des grands iris.

Les iris de La Beaujoire — lesirisdelabeaujoire.wordpress.com — Inventaire des iris Vilmorin.

Sites institutionnels

SFIB — iris-bulbeuses.org — Annuaire des iris, obtentions Peyrard, bulletins Iris et Bulbeuses.

Jardins de Brocéliande — jardinsdebroceliande.fr — Collection Nationale d’iris français.

Jardins de France (SNHF) — jardinsdefrance.org — Articles sur Cayeux et l’histoire des iris hybrides.

Forums

FJpower — fjpower.forumgratuit.org — Discussions sur Laporte, Peyrard, le monde des iris.

Publications imprimées

HIPS, Historical Chronicles, No. 4 — Millet Irises, 41 p.

HIPS, Historical Chronicles, No. 5 — Vilmorin, Andrieux, compilé par Irene Pyle, 35 p.

Ransom, L. (1996–97). « Histoire de la collection Simonet », Iris et Bulbeuses n° 123–124.

Divers articles dans Iris et Bulbeuses (1981–2024).

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