Vue d'ensemble & bilan chiffré
Tableau synthétique par hybrideur
| Hybrideur | Période | French Dykes | Florence 1er | Florence autres | Foster BIS | Médailles AIS / BIS / RHS | Franciris® |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ferdinand Cayeux | 1864–1948 | 11 | — | — | 1935 | AM AIS ×3 · FCC RHS · AM RHS · AM Haarlem | n/a |
| Séraphin Mottet (Vilmorin) | 1861–1930 | — | — | — | 1927 | AM RHS 1922 ('Ambassadeur') | n/a |
| Fernand Denis | 1858–1935 | — | — | — | 1933 | CM SNHF 1922 | n/a |
| Maurice Boussard | fl. 1960–80 | — | — | — | 1977 | — | n/a |
| Jean Cayeux | 1926–2017 | n/a | 0 | 0 | — | Hybridizer Medal AIS 2000 | Prix public 2000 |
| Richard Cayeux | 1958– | n/a | 2 | ≥13 | 2012 | Warburton AIS 2008 · BIS Hybridiser 2018 · Chelsea Gold 2015–16 · AGM RHS | 1er Vilmorin 2015 · 1er Clarke 2017 |
| Lawrence Ransom | 1954–2016 | n/a | 0 | 0 | — | Hybridizer Medal AIS (citée) | 1er Vilmorin 2000 |
| Roland Dejoux | 1960– | n/a | 0 | ≥5 | — | Bee Warburton AIS 2019 | — |
| Stéphane Boivin | 1980– | n/a | 0 | 2 (2024) | — | — | 1er Clarke 2022 |
| Martin Balland | 1985– | n/a | 0 | 0 | — | — | 1er Vilmorin & Clarke 2019 |
| Nicolas Bourdillon | fl. 2010– | n/a | 0 | 1 (2025) | — | — | 5 distinctions 2019 · 3e Vilmorin 2024 |
| Michèle Bersillon | fl. 2005– | n/a | 0 | 2 (2017) | — | Prix Munich 2010–11 | — |
| Sébastien Cancade | 1975– | n/a | 0 | 0 | — | — | 4 dist. Clarke (2017, 2022, 2024) |
| Bernard Laporte | 1950– | n/a | 0 | 0 | — | — | SNHF 2011 · Florists 2019 |
| Loïc Tasquier | fl. 2005– | n/a | 0 | 0 | — | BIS Award 2024 (nains/médians) | — |
| Famille Anfosso (Hyères) | 1974–2022 | n/a | 0 | 0 | — | Concours Orléans 1978–85 | 5 places top-12 2000 |
| Gérard Madoré | fl. 2000– | n/a | 0 | 0 | — | — | SNHF 2005 · SFIB tricolore 2007 |
Chronologie : trois âges d'une domination
La Dykes Medal britannique (BIS/RHS) et la Dykes Medal américaine (AIS) sont structurellement nationales : une variété doit d'abord recevoir un Award of Merit local sur plusieurs années consécutives avant d'être éligible à la Dykes. Un iris français commercialisé uniquement en Europe ne peut pas accumuler ces votes intermédiaires via les juges AIS régionaux. C'est une barrière pratique, non qualitative — les cultivars français de classe mondiale n'ont simplement pas le réseau de distribution américain ou britannique pour franchir ces filtres.
Le Concours International de Florence (Società Italiana dell'Iris, depuis 1957) accueille des semis non encore commercialisés, envoyés directement par les hybrideurs du monde entier. Pas de prérequis national, pas d'AM préalable. France, États-Unis, Italie, Australie et Allemagne s'affrontent à égalité totale. C'est pour cette raison que Richard Cayeux y a pu remporter deux premiers prix (2007 et 2009), et que Dejoux et Boivin y progressent depuis 2022.
Les médailles de classification AIS (Wister, Cook-Douglas, Knowlton, Williamson-White, Caparne-Welch, Eric Nance, Eugene B. White Trophy, DeBaillon, Morgan-Wood, Mitchell, Payne, SIGNA…) exigent en pratique une introduction commerciale aux États-Unis et un système de votes cumulatifs sur plusieurs saisons via les sections AIS régionales. Un iris français sans distribution américaine ne peut pas accumuler ces points. Aucun lien avec la qualité intrinsèque des cultivars.
Les pionniers (1840–1925)
Cultivars pionniers encore vivants
- 1840'Jacquesiana' — Lémon. Plicata violet-blanc. Catalogues HIPS. Commercialisé depuis 185 ans.
- 1844'Madame Chéreau' — Lémon. Plicata blanc-violet. Icône de l'iris historique français.
- 1904'Tamerlan' — Vilmorin/Mottet. Probablement premier tétraploïde commercial mondial.
- 1910'Alcazar' — Vilmorin/Mottet. Parent fondateur mondial utilisé 20 ans par tous les hybrideurs. AM RHS.
- 1914'Souvenir de Mme Gaudichau' — Millet. 3× AM RHS. Parent fondateur chez Bliss, Williamson et Cayeux.
- 1920'Ambassadeur' — Vilmorin/Mottet. AM RHS 1922, CM SNHF 1922, Prix Spécial SNHF.
Ferdinand Cayeux (1864–1948) — Le monopole absolu
Le fait unique dans l'histoire mondiale de l'iris
Ferdinand Cayeux remporte la French Dykes Memorial Medal les onze années de son existence (1928–1938). Aucun hybrideur au monde n'a jamais monopolisé une médaille nationale Dykes sur une telle durée consécutive. Le record est absolu et indépassable : la médaille ne sera jamais réinstaurée. Il est également le premier récipiendaire, le 9 juin 1928, avec 'Pluie d'Or'.
Palmarès complet — French Dykes Memorial Medal (11/11)
| Année | Cultivar | Distinctions secondaires confirmées | Héritage génétique notable |
|---|---|---|---|
| 1928 | 'Pluie d'Or' | CM SNHF 1928 · AM Haarlem 1931 · AM RHS 1938 | 1ère French Dykes de l'histoire (9 juin 1928) |
| 1929 | 'Vert Galant' | — | — |
| 1930 | 'Député Nomblot' | CM SNHF 1929 · AM AIS 1936 · FCC RHS 1938 | Lignée plicata internationale |
| 1931 | 'Jean Cayeux' | AM AIS 1936 | Parent fondateur iris bruns modernes → Kleinsorge → 'Far West' → 'Tobacco Road' |
| 1932 | 'Eclador' | — | — |
| 1933 | 'Alice Harding' | — | — |
| 1934 | 'Madame Louis Aureau' | AM AIS 1939 | Ancêtre de la quasi-totalité des plicatas modernes selon généticiens contemporains |
| 1935 | 'Madame Maurice Lassailly' | — | — |
| 1936 | 'Olympio' | — | — |
| 1937 | 'Nicole Lassailly' | — | — |
| 1938 | 'Antigone' | — | Dernier cultivar couronné avant la suspension par la guerre |
Autres distinctions internationales de Ferdinand Cayeux
- 1910Légion d'Honneur — Pour services rendus à l'horticulture française. 1er Cayeux.
- 1935Foster Memorial Plaque BIS — 1er Cayeux. Distinction personnelle la plus haute de la British Iris Society.
- 1936'Louvois', 'Marquita' — AM AIS (dates exactes à vérifier en archives AIS trimestriels)
- 1938'Député Nomblot' — FCC RHS (First Class Certificate) — distinction très rare à la Royal Horticultural Society
« Ferdinand Cayeux a fait de l'iris un produit d'exportation culturelle française au même titre que le vin ou la haute couture. Ses onze Dykes sont moins un exploit sportif qu'un acte de civilisation horticole. »
René & Jean Cayeux — Continuité dynastique
René Cayeux (?–1948) : traversée du désert
Fils de Ferdinand, René assure la continuité commerciale de 1938 à sa mort en 1948. Aucune distinction internationale majeure n'est documentée sous son nom.
Jean Cayeux (1926–2017) : la conquête américaine indirecte
Petit-fils de Ferdinand, Jean s'installe à Poilly-lez-Gien (Loiret) en 1960 à 34 ans. Il ne remporte pas de prix directs à Florence ou BIS, mais son 'Condottiere' (1978) réalise un exploit sans précédent : devenir père de deux Dykes Medals américaines consécutives sans jamais en avoir reçu une lui-même.
- 1978'Condottiere' — Enregistré. Parent de 70+ cultivars US en génération 1, dont deux Dykes Medals américaines.
- 1988'Conjuration' (Byers, USA) — Dykes Medal AIS 1988 — parent direct : 'Condottiere' Jean Cayeux
- 1990'Mesmerizer' (Byers, USA) — Dykes Medal AIS 1990 — parent direct : 'Condottiere' Jean Cayeux
- 1997'Ruban Bleu' — Dernier enregistrement de Jean Cayeux
- 2000'Provençal' (1978) — Sacré « Iris du Millénaire » par le vote du public à Franciris 2000. 2e au classement général.
- 2000'Mer Du Sud' (1997) — 2e au classement général Franciris 2000.
- 2000Hybridizer Medal AIS — Premier Français à recevoir une médaille personnelle de l'American Iris Society.
Henri Cayeux : le botaniste frère
Frère de Ferdinand, Henri dirige successivement le jardin botanique de Lisbonne puis les jardins du Havre. Légion d'Honneur 1926 (2e Cayeux). Hybride également mais son palmarès iris reste peu documenté. Son frère Louis (aussi frère de Ferdinand) créa 'Hydrangea Merveille Sanguine', 'Mousmée' et le rosier 'Belle Portugaise' (1903), encore commercialisés aujourd'hui.
Richard Cayeux (1958–) — La conquête mondiale contemporaine
Palmarès international chronologique complet
- 1997Début participation concours internationaux : USA, Florence, Munich, Paris, Chelsea. Seul Français présent à Chelsea pendant plus d'une décennie.
- 2007'Aurélie' — Premio Firenze 1er prix + Premio Camera di Commercio (meilleure ramification) + Premio Louise Branch (meilleure tige). 1ère victoire française en 50 éditions du concours.
- 2008Warburton Medal AIS — 2e Français après Jean Cayeux à recevoir une médaille personnelle de l'AIS.
- 2009'Ravissant' — Premio Firenze 1er prix. Simultanément : 'Noctambule' 2e (Premio Regione Toscana) et 'Romance' 7e. Triplé français unique en 68 éditions. 'Ravissant' décrit par R. Cayeux comme l'une des variétés les plus primées au monde, commercialisée par le plus grand producteur US (Oregon).
- 2012Foster Memorial Plaque BIS — 2e Cayeux après Ferdinand (1935). 77 ans entre les deux plaques familiales.
- 2014'Domino Noir' — 2e place concours RHS « Plant of the Year » au Chelsea Flower Show.
- 2015'Barbe Noire' (2012) — 1er Prix Philippe de Vilmorin, Franciris 2015. Gold Medal Chelsea Flower Show.
- 2016Gold Medal Chelsea Flower Show (2e consécutive). Seul exposant français présent.
- 2017'Cigarillo' (2014) — 1er Prix Gladys Clarke, Franciris 2017. 2e Prix Vilmorin. 2e Clarke pour Cayeux également.
- 2018BIS Hybridiser Award (British Iris Society). AGM RHS (Award of Garden Merit).
- 2021Légion d'Honneur fin 2021. 3e Cayeux après Ferdinand (1910) et Henri (1926).
- 2024Cession de 100% du capital Iris Cayeux à Eoden Nature. Richard Cayeux reste consultant. 126 ans d'histoire familiale closes.
| Année | Cultivar | Résultat | Prix spéciaux |
|---|---|---|---|
| 2007 | 'Aurélie' | 1er Premio Firenze | Premio Camera di Commercio · Premio Louise Branch |
| 2009 | 'Ravissant' | 1er Premio Firenze | — |
| 2009 | 'Noctambule' | 2e — Premio Regione Toscana | — |
| 2009 | 'Romance' | 7e | — |
| 2005–2006, 2010–2019 | ~11 autres cultivars | Places 2–10 et prix spéciaux estimés | Détails à confirmer en archives Società Italiana dell'Iris et bulletins SFIB correspondants |
R. Cayeux déclare participer aux concours à Florence depuis 1997. Les éditions 1997–2006 et 2010–2019 nécessitent une consultation des archives de la SII pour documenter les places et prix exacts. Les résultats disponibles couvrent seulement 2007 et 2009.
La nouvelle vague contemporaine (depuis 1980)
Britannique installé en France dès l'enfance. Seul hybrideur français à avoir travaillé simultanément toutes les classes d'iris : MDB, SDB, MTB, IB, TB, AB, Arils, Species. 1er MDB français enregistré ('Soupçon', 1997).
- 1994–97'Coup de Foudre', 'Désiris', 'Samsara', 'Damoiselle', 'Claude Louis Gayrard', 'Marie Kalfayan' — Cultivars du top-12 Franciris 2000.
- 2000'Samsara' (1996) — 1er Grand Prix Vilmorin, Franciris 2000 — 1er prix de l'histoire du concours. 6 iris dans le top-12.
- 2016Décès subit en juillet. Collection léguée à la SFIB via Roland Dejoux (Gers). Un prix Franciris porte son nom : Prix Lawrence Ransom (3 iris les plus florifères).
- 1978'Lorenzaccio de Médicis' — P-C. Anfosso. Primé au Concours national d'Orléans.
- 1984'Echo de France' — Pierre Anfosso. Souvent attribué par erreur à Jean Cayeux.
- 1986–89'Coup de Cœur', 'Révolution', 'Carmagnole' — Anfosso. Places 7e, 10e, 12e Franciris 2000.
- 1995'Massalia' — 5e Franciris 2000.
- 20005 places dans le top-12 de Franciris 2000 (places 5, 7, 10, 12 et une autre) — performance collective unique.
Président de la SFIB depuis 2013, pépinière acquise en 2006. Gardien de la collection Lawrence Ransom. Hybrideur le plus régulièrement primé à Florence après Richard Cayeux depuis 2022.
- 2019Bee Warburton Medal AIS — 3e Français à recevoir une médaille personnelle AIS après Jean (2000) et Richard Cayeux (2008).
- 2022'Soleil de Laymont' — Premio Camera di Commercio (meilleure commerciale) + Premio Giorgio Saviane (meilleure précoce), Florence 2022.
- 2022'Soleil sur Uluru' — 5e, Florence 2022.
- 2025'Fille de Sicile' — 8e, Florence 2025.
- 2025'Le Magicien de Pearcedale' — 10e, Florence 2025.
7 distinctions Franciris depuis 2015. Performance 2022 inégalée par un Français contemporain à ce concours.
- 2015'Aimé Bay' (2015) — 3e Prix Gladys Clarke, Franciris 2017.
- 2022'Les Avenières' — 1er Gladys Clarke + 1er Prix public + 2e Prix Vilmorin, Franciris 2022. Triple couronnement inégalé.
- 2024'Persévérance' — 6e, Concours de Florence 2024.
- 2024'Amaury' — Premio "I Profumi di Boboli" (variété la plus parfumée), Florence 2024.
Batteur de profession, hybrideur depuis 2014. Spécialiste des iris brun-rouge et noir.
- 2019'My Red Drums' (2016) — 1er Prix Philippe de Vilmorin + 1er Prix Gladys Clarke, Franciris 2019. Double couronnement unique pour un Français.
- 2022'Sylvain Ruaud' (2018) — 2e Prix Gladys Clarke + 2e Prix Lawrence Ransom, Franciris 2022.
- 2019'Fragrance des Sables' — 1er Prix SFIB parfum, Franciris 2019. 3e Prix Lawrence Ransom. 2e Prix public.
- 2019'Beauté de Sologne' — 3e Prix Vilmorin + 2e Prix Lawrence Ransom, Franciris 2019. 5 distinctions totales cet édition.
- 2024'Prince Timéo' — 3e Prix Vilmorin + Meilleure commerciale, Franciris 2024.
- 2025'Douceur Tardive' — 9e Concours de Florence 2025.
- 2017'Martingale' (2014) Cancade — 4e Prix Gladys Clarke, Franciris 2017.
- 2022'Grand Mûrier' Cancade — 3e Prix Gladys Clarke, Franciris 2022.
- 2024'Embrouillamini' Cancade — 6e Prix Vilmorin, Franciris 2024.
- 2011Laporte — Prix SNHF meilleure variété française, Franciris 2011.
- 2019'Désert d'Atacama' (2018) Laporte — 1er Prix Florists, Franciris 2019.
- —Maurice Boussard — Foster Memorial Plaque BIS 1977 — 4e Français. Seul lauréat entre 1935 et 2012.
- —Gérard Madoré (Bretagne) — Prix SNHF 2005 ('Gwennaden') · Prix SFIB tricolore 2007 ('Morgat').
- —Virginie Fur (Bréal-sous-Montfort) — Prix SNHF 2007 ('Mamy Framboise', semis Laporte). Mention Franciris 2024.
- —Alain Chapelle (Bubry, Morbihan) — 3e Prix SNHF 2015 · Prix SFIB parfum Franciris 2017 (semis 10-71-GR3).
- —Jean-Claude Jacob (Saint-Pol-de-Léon) — Prix Jacques de Givry du parfum, Franciris 2011.
- —Michèle Bersillon — Prix Munich 2010 et 2011 · 'Coup de Chance' 10e Florence 2017 · Semis 1138O Premio Garden Club Florence 2017.
- —Nicolas Habert — 'Zone 51' 7e Prix Vilmorin Franciris 2024.
- —Remy JLR — Semis JLR 666-J, 10e ex-aequo Prix Vilmorin Franciris 2024.
Species · Médians · Arils & Nains — Le créneau français
Loïc Tasquier — Nains et médians diploïdes (Gendt, Pays-Bas)
Lawrence Ransom — Toutes classes (Lot-et-Garonne)
Seul hybrideur français à avoir travaillé simultanément les MDB, SDB, MTB, IB, TB, AB, Arils et Species. Premier MDB français enregistré : 'Soupçon' (1997).
| Classe | Cultivars notables | Distinctions |
|---|---|---|
| TB | 'Samsara', 'Coup de Foudre', 'Désiris', 'Damoiselle', 'Claude Louis Gayrard' | 1er Vilmorin 2000 · 6 places top-12 Franciris 2000 |
| MDB | 'Soupçon' (1997) | 1er MDB français enregistré |
| SDB, MTB, IB, AB | Multiples enregistrements non commercialisés | — |
| Arils & Species | Cultivés pour hybridation, non commercialisés | — |
Tableau récapitulatif — Présence française par classe
| Classe | Hybrideurs FR actifs | Distinctions internationales FR | Statut |
|---|---|---|---|
| TB (Tall Bearded) | Cayeux, Dejoux, Boivin, Balland, Bourdillon, Cancade, Laporte, Madoré… | Très nombreuses (French Dykes, Florence, AIS, BIS, Franciris) | Forte présence |
| IB (Intermediate Bearded) | Tasquier, Ransom | Aucune confirmée | Faible |
| BB (Border Bearded) | Tasquier | Aucune confirmée | Faible |
| SDB (Small Dwarf Bearded) | Tasquier (principal) | BIS Award 2024 (Tasquier) | Émergent |
| MDB (Miniature Dwarf) | Tasquier, Ransom (1er 1997) | Aucune confirmée | Faible |
| MTB (Miniature Tall) | Tasquier (diploïdes, 'Quagga') | Aucune confirmée | Pionnier |
| AB (Arilbred) | Ransom (non commercialisé) | Aucune | Absent |
| SIB (Siberian) | Aucun identifié | Aucune | Absent |
| LA (Louisiana) | Aucun identifié | Aucune | Absent |
| JI (Japanese) | Aucun identifié | Aucune | Absent |
| SPU (Spuria) | Aucun identifié | Aucune | Absent |
| Species | Ransom, Dejoux (culture seulement) | Aucune | Absent |
Franciris® — Palmarès complet 2000–2024
| Rang | Cultivar | Hybrideur | Prix |
|---|---|---|---|
| 1er | 'Samsara' (1996) | Lawrence Ransom (FR) | 1er Prix Vilmorin |
| 2e | 'Mer Du Sud' (1997) | Jean Cayeux (FR) | Prix public 'Provençal' (Cayeux 1978) |
| 3e | 'Damoiselle' (1997) | Lawrence Ransom (FR) | — |
| 4e | 'Claude Louis Gayrard' (1996) | Lawrence Ransom (FR) | — |
| 5e | 'Massalia' (1995) | Anfosso (FR) | — |
| 6e | 'Marie Kalfayan' (1997) | Lawrence Ransom (FR) | — |
| 7e | 'Coup De Cœur' (1986) | Anfosso (FR) | — |
| 8e | 'Coup De Foudre' (1994) | Lawrence Ransom (FR) | — |
| 9e | 'Feu Du Ciel' (1993) | Jean Cayeux (FR) | — |
| 10e | 'Révolution' (1989) | Anfosso (FR) | — |
| 11e | 'Désiris' (1994) | Lawrence Ransom (FR) | — |
| 12e | 'Carmagnole' (1989) | Anfosso (FR) | — |
| 13e | Semis 95-41 · 'Montélimar' (Laporte 2006) | Bernard Laporte (FR) | — |
Fait remarquable : l'intégralité du top 13 est française ! Ransom seul place 6 iris. Anfosso en place 5. Cayeux 2. Laporte 1. Édition fondatrice du concours.
| Prix | Cultivar | Hybrideur |
|---|---|---|
| 1er Vilmorin | 'Bye Bye Blues' | G. Sutton (USA) |
| 2e Vilmorin | 'Chariots Of Fire' | Aitken (USA) |
| 5e Vilmorin | 'Gwennaden' (2001) | Gérard Madoré (FR) |
| 7e Vilmorin | 'Buisson De Roses' (1997) | Jean Cayeux (FR) |
| Prix SNHF meilleure FR | 'Gwennaden' | Madoré (FR) |
| Prix parfum J. de Givry | 'Pretty Edgy' | Blyth (AUS) |
Résultats partiels — palmarès complet dans IeB correspondant.
- —Prix SNHF meilleure FR : Bernard Laporte
- —Prix Jacques de Givry parfum : Jean-Claude Jacob (FR)
| Prix | Cultivar | Hybrideur |
|---|---|---|
| 1er Vilmorin | 'Barbe Noire' (2012) | Richard Cayeux (FR) |
Palmarès complet dans IeB n°165, 2015. Voir aussi résultats détaillés sur iris-bulbeuses.org.
| Prix | Cultivar | Hybrideur |
|---|---|---|
| 1er Vilmorin | 'Ogar' (2014) | Seidl (CZ) |
| 1er Gladys Clarke | 'Cigarillo' (2014) | Richard Cayeux (FR) |
| 2e Clarke | Semis 157-G · 'Marceline Lyna' | Cayeux (FR) |
| 3e Clarke | 'Aimé Bay' (2015) | Boivin (FR) |
| 4e Clarke | 'Martingale' (2014) | Cancade (FR) |
| 5e Clarke | Semis 10-01-21 | Boivin (FR) |
| Prix public 1er | 'Ogar' | Seidl (CZ) |
| Prix public 2e | 'Aimé Bay' | Boivin (FR) |
| Lawrence Ransom Award | 'Blackbird Tears', 'Me Pizzica', sdlg 06-2155-2 | — |
| Prix SFIB parfum | Semis 10-71-GR3 | Chapelle (FR) |
| Prix | Cultivar | Hybrideur |
|---|---|---|
| 1er Vilmorin | 'My Red Drums' (2016) | Martin Balland (FR) |
| 2e Vilmorin | 'Marry The Night' | Johnson (USA) |
| 3e Vilmorin | Semis NB13-23-01 · 'Beauté De Sologne' | Bourdillon (FR) |
| 1er Gladys Clarke | 'My Red Drums' | Balland (FR) |
| 2e Clarke | 'Beauté De Sologne' | Bourdillon (FR) |
| 3e Clarke | 'Fragrance Des Sables' | Bourdillon (FR) |
| Lawrence Ransom 1er | 'Locomotion' | — |
| Prix public 1er | 'Locomotion' | — |
| Prix presse horticole | 'Locomotion' | — |
| Prix enfants | 'Church Lady' | — |
| Prix SFIB parfum | Semis NB14-34-01 · 'Fragrance Des Sables' | Bourdillon (FR) |
| Florists 1er | 'Désert D'Atacama' (2018) | Laporte (FR) |
| Florists 2e | 'Aloha Spirit' | Ghio (USA) |
Top 3 Vilmorin et Clarke entièrement français. Ref. : IeB n°169, 2019, pp. 02–07.
| Prix | Cultivar | Hybrideur |
|---|---|---|
| 1er Vilmorin | 'Nad Oblaky' (2019) | Seidl (CZ) |
| 2e Vilmorin | 'Les Avenières' | Boivin (FR) |
| 1er Gladys Clarke | 'Les Avenières' | Boivin (FR) |
| 2e Clarke | 'Sylvain Ruaud' (2018) | Balland (FR) |
| 3e Clarke | 'Grand Mûrier' | Cancade (FR) |
| Lawrence Ransom 2e | 'Sylvain Ruaud' | Balland (FR) |
| Prix public 1er | 'Les Avenières' | Boivin (FR) |
'Les Avenières' (Boivin) : Gladys Clarke + Prix public + 2e Vilmorin — triple couronnement unique pour un Français contemporain.
| Rang/Prix | Cultivar | Hybrideur |
|---|---|---|
| 1er Vilmorin | 'Hatshepsout' | — (à confirmer) |
| 2e Vilmorin | 'Behind The Rainbow' | — |
| 3e Vilmorin | 'Prince Timéo' | Bourdillon (FR) |
| 4e Vilmorin | 'Ignite The Light' | — |
| 5e Vilmorin | 'Léon C'est Moi' | — |
| 6e Vilmorin | 'Embrouillamini' | Cancade (FR) |
| 7e Vilmorin | 'Zone 51' | Habert N.R. (FR) |
| 8e Vilmorin | 'A Le Car', 'Grays Peak' | — |
| 9e Vilmorin | 'Douceur Tardive' | Bourdillon (FR) |
| 10e Vilmorin | Semis Remy JLR 666-J | Remy JLR (FR) |
| 1er Gladys Clarke | 'Hatshepsout' | — |
| Meilleure commerciale | 'Prince Timéo' | Bourdillon (FR) |
| Meilleure ramification | 'Piacione' | — |
| Plus originale | 'Behind The Rainbow' | — |
| Prix SFIB parfum | 'Rose De Porcelaine' | — |
| Prix public 1er | 'In Rosa Per Caso' | — |
Ref. : IeB n°174, 2024, pp. 02–04. Analyse statistique complète : Cancade S., IeB n°175, 2025, pp. 34–37.
Concours de Florence — Bilan français complet
Palmarès français Florence — Résultats documentés
| Année | Cultivar | Hybrideur | Résultat | Prix spéciaux |
|---|---|---|---|---|
| 2007 | 'Aurélie' | Richard Cayeux (FR) | 1er Premio Firenze | Premio Camera di Commercio · Premio Louise Branch |
| 2009 | 'Ravissant' | Richard Cayeux (FR) | 1er Premio Firenze | — |
| 2009 | 'Noctambule' | Richard Cayeux (FR) | 2e — Premio Regione Toscana | — |
| 2009 | 'Romance' | Richard Cayeux (FR) | 7e | — |
| 2017 | 'Coup de Chance' | Michèle Bersillon (FR) | 10e | — |
| 2017 | Semis 1138O | Michèle Bersillon (FR) | — | Premio Garden Club |
| 2022 | 'Soleil de Laymont' | Roland Dejoux (FR) | — | Premio Camera di Commercio · Premio Giorgio Saviane |
| 2022 | 'Soleil sur Uluru' | Roland Dejoux (FR) | 5e | — |
| 2024 | 'Persévérance' | Stéphane Boivin (FR) | 6e | — |
| 2024 | 'Amaury' | Stéphane Boivin (FR) | — | Premio "I Profumi di Boboli" (plus parfumé) |
| 2025 | 'Fille de Sicile' | Roland Dejoux (FR) | 8e | — |
| 2025 | 'Le Magicien de Pearcedale' | Roland Dejoux (FR) | 10e | — |
| 2025 | 'Douceur Tardive' | Nicolas Bourdillon (FR) | 9e | — |
| 2005–2019 | ~11 autres cultivars Cayeux | Richard Cayeux (FR) | Places 2–10 estimées | À documenter en archives SII |
Records & premières françaises
Ferdinand Cayeux remporte chacune des onze éditions de la French Dykes Memorial Medal. Aucun hybrideur au monde n'a jamais monopolisé une médaille nationale Dykes sur plus de deux éditions consécutives. Ce record est considéré comme indépassable puisque la médaille ne sera jamais réinstaurée.
Records génétiques : cultivars qui ont changé l'histoire mondiale
- 'Alcazar'Vilmorin/Mottet 1910. Premier tétraploïde commercial majeur mondial. Parent fondateur utilisé 20 ans par tous les hybrideurs mondiaux. AM RHS.
- 'Mme Louis Aureau'Ferdinand Cayeux 1934. Ancêtre de la quasi-totalité des plicatas modernes selon les généticiens d'iris contemporains. AM AIS 1939.
- 'Jean Cayeux'Ferdinand Cayeux 1931. Parent fondateur des iris bruns modernes : lignée Kleinsorge → 'Far West' → 'Tobacco Road'. AM AIS 1936.
- 'Condottiere'Jean Cayeux 1978. Seul iris français père de deux Dykes Medals américaines (1988 et 1990). Parent de 70+ cultivars enregistrés aux USA en génération 1.
Premières françaises par médaille — tableau chronologique
| Médaille / Distinction | Premier Français | Date / Cultivar / Détail |
|---|---|---|
| Foster Memorial Plaque BIS | Séraphin Mottet (Vilmorin) | 1927 — 2e lauréat mondial absolu de l'histoire de la plaque |
| French Dykes Memorial Medal | Ferdinand Cayeux | 'Pluie d'Or' — 9 juin 1928 — 1er lauréat absolu |
| AM AIS pour iris français | Ferdinand Cayeux | 'Jean Cayeux' et 'Député Nomblot' — 1936 |
| Premio Firenze Florence (1er prix) | Richard Cayeux | 'Aurélie' — 2007 (50e édition) |
| Hybridizer Medal AIS | Jean Cayeux | 2000 — 1er Français |
| Warburton Medal AIS | Richard Cayeux | 2008 — 1er Français |
| Bee Warburton Medal AIS | Roland Dejoux | 2019 — 1er Français |
| BIS Hybridiser Award | Richard Cayeux | 2018 — 1er Français |
| BIS Award (nains/médians) | Loïc Tasquier | 2024 — 1ère distinction britannique FR contemporaine hors Cayeux |
| Gold Medal Chelsea Flower Show | Richard Cayeux | 2015 (seul exposant français) |
| Grand Prix Vilmorin Franciris | Lawrence Ransom | 'Samsara' — 2000 — 1er prix de l'histoire du concours |
| MDB français enregistré | Lawrence Ransom | 'Soupçon' — 1997 |
| MTB diploïde français | Loïc Tasquier | 'Quagga' — ~2015 |
| Légion d'Honneur (iris) | Ferdinand Cayeux | 1910 — 1er Cayeux |
Records familiaux Cayeux
Moteur de recherche — Cultivars primés
Recherchez un cultivar, un hybrideur, une distinction ou une date dans la base des iris français primés internationalement. Cliquez sur un résultat pour accéder à la section correspondante.
Zones d'ombre & pistes d'archives
Les AIS Bulletins contiennent les listes complètes des Awards of Merit et Honorable Mentions annuels. Pour 1925–1965, plusieurs AM de Ferdinand Cayeux sont citées dans des sources secondaires mais non confirmées en ligne. À vérifier : 'Louvois', 'Marquita', 'Ambassadeur', 'Florentine', et les cultivars Millet et Denis. Source : AIS Library, Boise, Idaho (USA).
Seuls les premiers prix sont accessibles en ligne. Les places 2 à 10 et les prix spéciaux pour les 44 premières éditions (1957–2006) ne sont pas numérisés. Des cultivars Cayeux (Jean ou Richard, 1980–2004) y figurent vraisemblablement. Piste : archives de la Società Italiana dell'Iris à Florence, ou bulletins SFIB des années correspondantes.
Prédécesseur de Franciris, ce concours national a couronné de nombreux hybrideurs français. Palmarès non accessibles en ligne. Les sources mentionnent Anfosso (1978–1985) et probablement d'autres hybrideurs. Archives SNHF ou bulletins SFIB pré-2000.
Ces éditions sont documentées dans les bulletins SFIB correspondants (IeB n°157 à 163) mais non numérisées en ligne de façon exhaustive. Référence utile : Cancade S., IeB n°175, 2025, pp. 34–37 — analyse statistique complète de tous les Franciris.
4e Français à recevoir la Foster Memorial Plaque, mais ses cultivars et son palmarès ne sont pas accessibles en ligne. L'AIS Wiki ne contient pas de page dédiée. À compléter via les bulletins SFIB des années 1960–1980 et les archives BIS.
Confusions à corriger systématiquement
| Source incorrecte | Correction documentée | Référence de vérification |
|---|---|---|
| « Georges Cayeux » | N'existe pas — confusion probable avec René Cayeux | wiki.irises.org · archives SFIB |
| « Alain Anfosso » ou « Patrick Anfosso » | Pierre, Pierre-Christian, Laure, Vivette Sazio-Anfosso | wiki.irises.org/HybridizerAnfossoPierre |
| Anfosso à Nice | Hyères, Var (fermée 2022) | Adresse commerciale historique |
| 'Echo de France' attribué à J. Cayeux | Pierre Anfosso (1984) | wiki.irises.org/TbEchoDeFrance |
| « Prix Fernand Cayeux » comme prix distinct | Probablement la French Dykes elle-même, pas un prix distinct | À vérifier en archives SFIB |
| 'Florentine', 'Aladin', 'Harmonie' comme lauréats Dykes | Absents de la liste officielle AIS — non confirmés | wiki.irises.org/InfoMedalFrenchDykes |
| Ferdinand Cayeux : 10 Dykes (Jardins de France) | 11 Dykes (1928–1938 inclus) | wiki.irises.org · liste officielle AIS |
Sources prioritaires pour compléter ce bilan
2. Società Italiana dell'Iris — archives Florence 1957–2006 (prix 2–10 et spéciaux).
3. AIS Bulletins trimestriels 1925–1965 (AIS Library, Boise, Idaho) — AM/HM cultivars Ferdinand Cayeux.
4. Archives BIS — Foster Plaque 1927–1977 et High Commendations éventuelles.
5. Cancade S., IeB n°175, 2025, pp. 34–37 — analyse statistique complète Franciris.
6. Mémoires de Jean Cayeux (document non publié, mentionné dans des sources secondaires).
Article éditorial — Iris et Bulbeuses
ILes fondateurs : la France invente le langage
L'histoire commence dans les jardins de Belleville, en 1840, quand Jean-Nicolas Lémon publie un catalogue de cent iris. Cent iris ! À une époque où l'hybridation est encore un artisanat d'observation patiente, Lémon jette les bases d'une tradition qui durera deux siècles. Ses 'Jacquesiana' et 'Madame Chéreau', encore commercialisées aujourd'hui par la Historic Iris Preservation Society américaine, témoignent d'une longévité que peu de productions humaines peuvent revendiquer. En les regardant fleurir aujourd'hui, on touche quelque chose de l'ordre de la transmission vivante — non pas un tableau dans un musée, mais un organisme qui continue de se diviser, de pousser, de fleurir.
Mais c'est la maison Vilmorin-Andrieux qui va propulser l'iris français sur la scène internationale. En 1902, Vilmorin rachète la collection Verdier. Sous la direction du chef-jardinier Séraphin Mottet, elle introduit les premiers hybrides issus de tétraploïdes orientaux — Iris trojana, cypriana, mesopotamica — qui vont révolutionner la génétique mondiale de l'iris barbu. 'Tamerlan' (1904), probablement le premier tétraploïde commercial au monde, puis 'Alcazar' (1910), s'imposent comme parents fondateurs que tous les hybrideurs anglophones du premier vingtième siècle utilisent. Pendant deux décennies, tout iris américain ou britannique digne de ce nom porte quelque part dans sa pedigree la signature tricolore de Verrières-le-Buisson.
Mottet reçoit la Foster Memorial Plaque en 1927, devenant le second lauréat de l'histoire de cette distinction britannique — un honneur qui ne sera à nouveau décerné à un Français qu'en 1933 (Fernand Denis), 1935 (Ferdinand Cayeux), 1977 (Maurice Boussard) et 2012 (Richard Cayeux). Cinq Français en un siècle, pour la même plaque. C'est peu, et c'est beaucoup à la fois — il faut mesurer ce que représente une Foster Plaque : la reconnaissance personnelle, par la British Iris Society, d'une vie consacrée à l'iris. Pas d'un cultivar. D'une vie.
IIFerdinand Cayeux : le monopole impossible
Ferdinand Cayeux fonde sa pépinière en 1898 avec son beau-frère Léon Le Clerc. Son premier iris commercialisé, 'Ma Mie' (1906), est un petit diploïde blanc aux bords bleu-violet, disparu de France et retrouvé bien plus tard par son arrière-petit-fils Richard en République Tchèque. Ce début modeste ne laisse rien présager de ce qui va suivre.
En 1928, avec 'Pluie d'Or', Ferdinand Cayeux reçoit la toute première French Dykes Memorial Medal jamais décernée. Il ne s'arrêtera plus. Pendant onze ans, jusqu'au déclenchement de la guerre en 1939, chacune des onze éditions du prix le voit triompher. Onze médailles sur onze éditions : c'est un record mondial absolu, indépassable puisque la médaille ne sera jamais réinstaurée.
Mais Ferdinand Cayeux ne se contente pas de remporter un concours national. Ses cultivars circulent dans le monde entier. 'Jean Cayeux' (1931, AM AIS 1936) devient le parent fondateur des iris bruns modernes — une lignée qui court jusqu'à 'Tobacco Road' et au-delà. 'Madame Louis Aureau' (1934, AM AIS 1939) est aujourd'hui reconnue par les généticiens comme l'ancêtre de la quasi-totalité des plicatas modernes. Ces deux cultivars ont véritablement changé le cours de l'histoire génétique de l'iris, et ils portent tous deux le tampon tricolore.
Il faut ajouter à ce tableau le FCC RHS (First Class Certificate de la Royal Horticultural Society) décerné à 'Député Nomblot' en 1938 — une distinction accordée à moins d'une variété sur dix mille présentées. Et la Foster Memorial Plaque personnelle, reçue en 1935, alors même qu'il domine déjà son palmarès national depuis sept ans. Ferdinand Cayeux n'était pas seulement le meilleur hybrideur français de son temps : il était, objectivement, l'un des meilleurs au monde.
IIILa longue traversée : René, Henri et la reconstruction
La guerre suspend tout. La French Dykes Memorial Medal, créée en 1928, s'arrête en 1938 — officiellement suspendue, jamais réinstaurée. René Cayeux, fils de Ferdinand, décède la même année que son père, en 1948, laissant la maison sans successeur immédiat. L'après-guerre est une période de reconstruction silencieuse. Jean Cayeux, petit-fils de Ferdinand, s'installe à Poilly-lez-Gien (Loiret) en 1960 et entreprend de rattraper le retard sur les Américains qui, depuis lors, ont pris la tête de l'hybridation mondiale.
Jean ne remportera jamais de prix international direct. Mais sa création 'Condottiere' (1978) est peut-être son plus beau chef-d'œuvre : ce cultivar devient père de plus de soixante-dix enregistrements américains en première génération, dont deux Dykes Medals consécutives (1988 et 1990). Un iris français qui ne remporte pas la Dykes, mais qui en génère deux. La logique du patrimoine génétique, plus forte que celle des palmarès — la même qui avait déjà opéré avec 'Alcazar' et 'Souvenir de Mme Gaudichau' un demi-siècle plus tôt.
IVRichard Cayeux : la diplomatie tous azimuts
Richard Cayeux prend la direction de la pépinière en 1990. Ingénieur agronome de formation, voyageur, il comprend que la scène internationale ne se gagne pas en restant dans le Loiret. Dès 1997, il commence à participer aux concours hors de France : États-Unis, Florence, Munich, Paris, Chelsea. Et Chelsea justement, où les Iris Cayeux seront pratiquement les seuls Français pendant une décennie — deux Gold Medals en 2015 et 2016, dans le plus grand salon horticole au monde.
En 2007, à Florence, 'Aurélie' remporte le Premio Firenze. Pour la première fois en cinquante éditions du concours, un iris français est au sommet. Deux ans plus tard, 'Ravissant' réitère l'exploit — avec, en prime, deux autres cultivars Cayeux dans le top 10 de la même édition. Un triplé qui n'a jamais été égalé par aucune nation en soixante-huit éditions du concours.
Richard Cayeux accumule ensuite les distinctions avec une régularité de métronome : Warburton Medal AIS en 2008 (premier Français), Foster Memorial Plaque BIS en 2012 (second Cayeux après Ferdinand, 77 ans plus tard), BIS Hybridiser Award en 2018, Gold Medals Chelsea en 2015 et 2016, AGM RHS, et enfin Légion d'Honneur fin 2021. En 2024, il cède 100% du capital d'Iris Cayeux à Eoden Nature — clôturant quatre générations de direction familiale et 126 ans d'histoire d'une maison.
VLa nouvelle vague : la France se diversifie enfin
Pendant que la dynastique Cayeux domine, une autre France de l'iris s'est construite dans l'ombre. Lawrence Ransom, Britannique installé en France dès l'enfance, crée au Lot-et-Garonne les premières variétés françaises de toutes les classes — MDB, SDB, MTB, IB, AB, Arils — et remporte le tout premier Grand Prix Vilmorin de Franciris en 2000 avec 'Samsara'. À lui seul, il place six iris dans le top douze de cette première édition — un exploit que personne n'a depuis égalé. Sa mort subite en 2016 est un deuil que la communauté irisophile française porte encore. Roland Dejoux, qui lui a succédé comme gardien de sa collection dans le Gers, porte son nom dans un prix Franciris désormais institué.
Depuis 2019, une nouvelle génération a émergé avec une cohérence et une régularité qui n'existaient pas auparavant. Roland Dejoux lui-même, président de la SFIB et gardien de la collection Ransom, reçoit la Bee Warburton Medal AIS et commence à placer ses iris dans le top 10 à Florence — deux prix spéciaux en 2022, deux nouvelles places de 8e et 10e en 2025. Stéphane Boivin, des Avenières en Isère, rafle en 2022 le Prix Gladys Clarke, le Prix public et le 2e Prix Vilmorin à Franciris avec le même cultivar — un triplé sans précédent pour un Français contemporain. Martin Balland, batteur de profession et hybrideur de nuit à Saint-Dié-des-Vosges, remporte le double Vilmorin-Clarke en 2019. Nicolas Bourdillon, quatrième génération d'une pépinière solognote centenaire, accumule cinq distinctions à Franciris 2019 et place un cultivar en 9e position à Florence 2025. Loïc Tasquier, enfin, travaillant depuis les argiles de Gendt aux Pays-Bas sur des nains et médians diploïdes que personne en France n'avait jamais tentés, reçoit en 2024 la première reconnaissance britannique décernée à un Français contemporain hors lignée Cayeux.
VILes angles morts : pourquoi la France ne gagne pas la Dykes
Un paradoxe demeure. La France produit des iris de classe mondiale — le palmarès florentin en témoigne. Et pourtant, aucun cultivar français n'a jamais remporté la Dykes Medal britannique ou américaine. La réponse est structurelle, non qualitative : ces médailles imposent une commercialisation préalable dans le pays organisateur, un processus de votes régionaux cumulatifs sur plusieurs années, et un réseau de juges locaux qui seuls peuvent faire remonter une variété jusqu'à la consécration finale. Sans représentation commerciale aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, même le meilleur iris français ne peut pas accumuler les points nécessaires.
C'est Florence qui offre le seul terrain d'égalité réelle. Et c'est à Florence que la France a gagné, deux fois. C'est à Florence que Dejoux, Boivin et Bourdillon progressent aujourd'hui. La géographie des palmarès dit quelque chose de profond sur la géographie du marché : tant que les iris français ne seront pas distribués aux États-Unis et en Grande-Bretagne à grande échelle, la Dykes Medal restera hors de portée — non pas par manque de talent, mais par manque de présence. C'est une leçon commerciale autant qu'horticole.
Il faut ajouter à ce tableau un autre angle mort : les classes alternatives. Aucun hybrideur français n'est identifié dans les palmarès internationaux des iris japonais, Louisiane, Sibériens, Spuria ou des classes non barbues. La France est un pays de Tall Bearded, presque exclusivement. Lawrence Ransom avait commencé à changer cela — Tasquier continue. Mais le chemin est long.
ConclusionUne histoire en trois temps, un avenir à écrire
Deux siècles d'iris français face aux médailles internationales dessinent une trajectoire en trois temps. D'abord les pionniers — Lémon, Vilmorin, Millet, Denis — qui posent les fondations génétiques mondiales sans pouvoir prétendre à des médailles qui n'existent pas encore. Puis l'ère Ferdinand Cayeux, qui concentre en une décennie ce qui restera probablement à jamais l'apogée français : onze Dykes nationales, deux cultivars fondateurs de familles génétiques mondiales, une Foster Plaque, plusieurs AM AIS. Enfin l'ère contemporaine, qui se partage entre la continuité dynastique de Richard Cayeux — premier Français vainqueur à Florence, seul à cumuler distinctions AIS, BIS, RHS et Società Italiana — et l'émergence depuis 2019 d'une génération d'hybrideurs amateurs qui diversifient enfin la présence française dans les palmarès.
Ce qui frappe, à l'issue de ce bilan, c'est moins l'éclat des réussites que la logique de leur géographie. La France gagne là où les règles du jeu sont égales pour tous — Florence, Franciris. Elle est absente là où les règles avantagent les nationaux — Dykes AIS, Dykes BIS. C'est moins une leçon d'humilité qu'un programme. Si des hybrideurs français parviennent un jour à faire commercialiser leurs créations aux États-Unis à grande échelle, la Dykes Medal ne sera plus inaccessible. Le talent, manifestement, est déjà là. Il ne manque que la présence.