La ploïdie chez les iris — introduction
Les grands iris de jardin modernes doivent leur taille spectaculaire, leurs textures veloutées et leur palette chromatique infinie à un phénomène génétique précis : la tétraploïdie — 48 chromosomes au lieu de 24. Cette découverte, amorcée par le cytologiste français Marc Simonet en 1928, puis maîtrisée grâce à la colchicine dans les années 1960, constitue l’une des avancées les plus déterminantes de l’histoire de l’hybridation des iris.
Comprendre la ploïdie, c’est comprendre pourquoi les iris barbus grands (TB) d’aujourd’hui n’ont plus rien de commun avec les modestes diploïdes du XIXe siècle — et comment l’intuition géniale des hybrideurs français, notamment les Vilmorin, a précédé de plusieurs décennies la science qui allait l’expliquer.
Le genre Iris présente une diversité chromosomique remarquable. Simonet a identifié 19 nombres chromosomiques différents dans le genre, allant de n=8 à n=56. Mais pour l’histoire des iris de jardin, deux groupes comptent par-dessus tout : les espèces européennes diploïdes (2n=24) et les espèces orientales tétraploïdes (2n=48). Lorsque ces deux mondes se sont rencontrés dans les jardins du tournant du XXe siècle, une révolution horticole était en marche — sans que personne, alors, ne puisse l’expliquer.
Tous les grands iris actuels sont tétraploïdes.
— Marc Simonet, cytologiste, 1932Ce dossier vous propose de comprendre cette science en profondeur, depuis les espèces fondatrices jusqu’aux techniques de conversion chromosomique modernes. Utilisez les onglets ci-dessus (ou le menu déroulant sur mobile) pour naviguer librement entre les chapitres.
Deux mondes chromosomiques — se rencontrent au tournant du XXe siècle
Les diploïdes européens : le berceau ancien
Les espèces sauvages européennes — Iris pallida (Dalmatie) et I. variegata (Europe centrale) — sont diploïdes, avec
Les tétraploïdes orientaux : les géants
L’autre groupe provient du Moyen-Orient et de la Méditerranée orientale. Les espèces Iris mesopotamica (Irak/Syrie), I. cypriana (Chypre) et I. trojana (Turquie) comptent toutes
Tableau des nombres chromosomiques
| Espèce ou cultivar | 2n | Ploïdie | Origine |
|---|---|---|---|
| I. pallida | 24 | Diploïde 2x | Dalmatie, Italie |
| I. variegata | 24 | Diploïde 2x | Europe centrale |
| I. attica | 16 | Diploïde 2x | Grèce, Balkans |
| I. pseudopumila | 16 | Diploïde 2x | Italie du Sud |
| I. pumila | 32 | Tétraploïde 4x | Europe du Sud-Est |
| I. chamaeiris | 40 | Amphidiploïde | Sud de la France |
| I. germanica sensu stricto | 44 | Quasi-triploïde | Cultivé, hybride |
| I. trojana | 48 | Tétraploïde 4x | Turquie |
| I. mesopotamica | 48 | Tétraploïde 4x | Irak, Syrie |
| I. cypriana | 48 | Tétraploïde 4x | Chypre |
| ‘Amas’ / I. macrantha | 48 | Tétraploïde 4x | Turquie (Amasia) |
| ‘Magnifica’ (Vilmorin, 1919) | 62 | Pentaploïde | Horticole |
| Iris TB modernes | 48 | Tétraploïde 4x | Horticole |
Le choc des ploïdies
Quand les hybrideurs du début du XXe siècle ont croisé les nouvelles espèces tétraploïdes orientales avec les anciens iris diploïdes européens, ils ont obtenu des résultats inattendus. Un croisement diploïde (2n=24) × tétraploïde (4n=48) produit un hybride triploïde (3n=36), généralement stérile. Mais quand deux tétraploïdes se croisent entre eux, leur descendance est tétraploïde (4n=48) et fertile — ouvrant la voie à des lignées d’hybridation entièrement nouvelles.
On avait essayé d’hybrider des plantes tétraploïdes (4n), les « nouvelles », avec des plantes diploïdes (2n), les « anciennes », d’où l’obtention de plantes triploïdes stériles. — Sylvain Ruaud, Jardins de France
Marc Simonet — le compteur de chromosomes qui a tout éclairé
L’histoire scientifique de la ploïdie chez les iris est indissociable de Marc Simonet (1899–1965), cytologiste français dont les travaux fondateurs constituent encore aujourd’hui la référence incontournable.
Formation et carrière
Né en 1899, Simonet fut l’un des premiers membres de la Société Française des Amateurs d’Iris (ancêtre de la SFIB). Enfant, il fréquentait les jardins Vilmorin à Verrières-le-Buisson. Formé à l’École Nationale Supérieure d’Horticulture de Versailles, boursier de l’Institut Pasteur, il devint en 1923 chef du laboratoire des recherches génétiques et phytosanitaires chez Vilmorin-Andrieux, poste qu’il occupa jusqu’en 1931. C’est dans ce laboratoire, au cœur même de la plus grande maison de semences française, qu’il entreprit le décompte systématique des chromosomes d’iris.
Les publications fondatrices
Sa première publication sur le sujet date de
Découvertes clés de Simonet : il identifia les niveaux de ploïdie des cultivars Vilmorin. ‘Ballerine’ était triploïde. ‘Ambassadeur’ comptait
Fin de carrière et postérité
Après Vilmorin, Simonet dirigea le Centre de Recherche Agronomique de Provence à Antibes (1936), puis travailla à l’INRA Versailles (à partir de 1948). Il poursuivit ses recherches jusqu’à sa mort en 1965, publiant encore en 1962 sur les hybrides amphidiploïdes entre sections et en 1963 une conférence à la SNHF intitulée « Origine des grands iris de jardin » (publiée dans Iris et Bulbeuses n°52, 1978). Ses collaborations avec Peter Werckmeister, notamment l’étude cytogénétique du triploïde interspécifique ‘Stolorine’ (1965), représentent ses derniers travaux.
L.F. Randolph, le relais américain
Aux États-Unis, L.F. Randolph (1894–1980), professeur à Cornell et cytologiste de l’USDA, prolongea et compléta les travaux de Simonet. Avec son étudiant Jyotirmay Mitra, il publia en 1956 une analyse caryotypique détaillée des iris barbus qui reste une référence (Botanical Gazette, 117 : 265-293). Mitra identifia trois classes de caryotypes parmi les espèces à 24 chromosomes et démontra que les espèces tétraploïdes à 48 chromosomes possèdent des caryotypes compatibles avec une origine à partir de diploïdes de type I. pallida. Randolph prouva également que I. pumila (
Les Vilmorin — génies empiriques d’une révolution qu’ils ignoraient
L’ironie fascinante de cette histoire, c’est que la révolution tétraploïde chez les iris de jardin a été accomplie empiriquement, sans aucune connaissance de la ploïdie, par la maison Vilmorin-Andrieux à Verrières-le-Buisson.
L’acquisition d’‘Amas’
En 1895, Henry de Vilmorin acquiert ‘Amas’, une espèce tétraploïde de Turquie. À cette époque, il n’existait encore aucune connaissance de la génétique végétale au niveau chromosomique et la notion de diploïdie ou de tétraploïdie n’existait pas. Son fils Philippe de Vilmorin (1872–1917), assisté du chef jardinier Séraphin Mottet, entreprend de croiser systématiquement ‘Amas’ et d’autres espèces orientales (I. trojana, I. cypriana) avec les anciens iris européens.
1904 : l’année charnière
L’année
C’était un iris tétraploïde, mais personne n’en savait rien en 1904 ! — Sylvain Ruaud, à propos de ‘Tamerlan’
‘Magnifica’ : le pentaploïde légendaire
Parmi les introductions Vilmorin ultérieures, ‘Ambassadeur’ (1920) — tétraploïde au rouge-violet profond — devint un parent majeur. Et ‘Magnifica’ (1919), avec ses
Le chant du cygne
La conférence internationale de l’iris de
La colchicine — comment doubler les chromosomes
La colchicine, alcaloïde extrait du colchique d’automne (Colchicum autumnale), est l’outil qui a permis de maîtriser la ploïdie chez les iris. Son mécanisme d’action est élégamment simple dans son principe, bien que complexe dans ses détails moléculaires.
Le mécanisme : bloquer le fuseau mitotique
Lors de la division cellulaire normale (mitose), les chromosomes dupliqués sont tirés vers les pôles opposés de la cellule par le fuseau mitotique, une structure composée de microtubules — polymères de tubuline α et β. La colchicine se fixe sur les hétérodimères de tubuline et empêche leur polymérisation en microtubules. Sans fuseau fonctionnel, les chromosomes se répliquent et se condensent normalement mais ne peuvent pas être séparés : la cellule ne se divise pas, et tous les chromosomes restent dans un noyau unique qui contient désormais le double du nombre original. Cet état d’arrêt est appelé « c-métaphase » (métaphase colchicinique).
Protocoles pratiques chez les iris
L’application aux iris suit généralement un protocole de trempage : les graines pré-germées ou les jeunes plantules sont immergées dans une solution de colchicine à 0,05–0,2 % pendant 12 à 48 heures. Chez Iris × norrisii, Ding et al. (2023) ont traité 64 graines pré-germées dans une solution à 0,05 % : 14 ont survécu et 8 tétraploïdes stables ont été identifiés parmi la descendance. Le processus produit souvent des chimères (plantes partiellement converties), qui doivent ensuite être croisées entre elles pendant plusieurs générations pour obtenir des tétraploïdes stables — un parcours qui peut prendre huit ans ou plus.
Pourquoi les triploïdes sont stériles
La stérilité des triploïdes s’explique par un problème fondamental de méiose. Lors de la formation des gamètes, les chromosomes homologues doivent s’apparier deux à deux (former des bivalents) puis se séparer équitablement. Chez un triploïde, chaque chromosome existe en trois copies : deux peuvent s’apparier, mais le troisième reste « célibataire » (univalent) ou forme un trivalent instable.
À l’anaphase, la répartition de ces chromosomes supplémentaires est aléatoire. Pour qu’un gamète équilibré se forme, tous les chromosomes surnuméraires devraient migrer du même côté — la probabilité en est de (1/2)(x-1), où x est le nombre de chromosomes par lot. Avec les nombres chromosomiques élevés des iris, cette probabilité est infinitésimale. La grande majorité des gamètes sont aneuploïdes (déséquilibrés) et non viables.
Exception notable : la stérilité n’est pas toujours absolue. Des gamètes non réduits (contenant le nombre complet de chromosomes) peuvent occasionnellement se former, expliquant la fertilité résiduelle de certains triploïdes comme ‘Magnifica’, qui a pu produire des descendants malgré son statut pentaploïde.
Allopolyploïdie — l’hétérosis fixée qui fait la force des iris modernes
La distinction entre autopolyploïdie (doublement du génome d’une seule espèce : AAAA) et allopolyploïdie (combinaison de génomes de deux espèces différentes suivie d’un doublement : AABB) est cruciale pour comprendre la vigueur des iris modernes.
Les trois avantages de l’allopolyploïdie
Les iris barbus grands tétraploïdes sont fondamentalement des allopolyploïdes : ils combinent des jeux chromosomiques issus de plusieurs espèces (I. pallida, I. variegata, I. trojana, I. cypriana, I. mesopotamica). Cette allopolyploïdie confère trois avantages majeurs.
1. Hétérosis fixée
Contrairement à un simple hybride F1 qui perd sa vigueur hybride aux générations suivantes par ségrégation des allèles, l’allopolyploïde maintient en permanence un jeu d’allèles de chaque espèce parentale, car les chromosomes homéologues ne recombinent pas entre eux. La vigueur hybride est donc fixée de façon permanente.
2. Masquage des allèles délétères
Avec quatre copies de chaque gène, les mutations récessives nuisibles sont couvertes par les copies fonctionnelles. Le fardeau génétique de chaque espèce parentale est ainsi neutralisé.
3. Expression génique nouvelle
Les recherches du laboratoire Chen (Université du Texas) sur Arabidopsis suecica ont montré que les allopolyploïdes présentent une modulation de l’expression des gènes de l’horloge circadienne, conduisant à une activité photosynthétique accrue. De nouveaux phénotypes émergent qui n’existaient chez aucun des parents.
L’exemple classique : Iris versicolor
L’exemple le plus étudié d’allopolyploïdie chez les iris est Iris versicolor (
En augmentant de 2n à 4n le nombre de chromosomes, on accroît la taille et la robustesse et on multiplie de façon inimaginable les possibilités de combinaisons de couleurs et de motifs.
— Jardins de France, « Deux cents ans d’iris hybrides »De la théorie au jardin — effets concrets de la ploïdie sur les fleurs
L’effet Gigas : des cellules plus grosses
L’effet le plus visible de la polyploïdie est le « gigantisme » ou effet Gigas : les cellules polyploïdes sont plus volumineuses que les cellules diploïdes, ce qui se traduit par des organes plus grands. Les recherches sur Arabidopsis (Corneillie et al., 2019) ont montré que les polyploïdes contiennent moins de cellules mais de plus grande taille — le gain net se traduit par des organes globalement plus imposants.
Chez les iris barbus grands (TB)
Les iris barbus grands tétraploïdes se distinguent de leurs ancêtres diploïdes par des pétales plus épais et plus larges (la fameuse « substance » des descripteurs horticoles), des tiges florales plus hautes et robustes, des coloris plus profonds et saturés — car des pétales plus épais contiennent plus de couches de cellules pigmentées — et un ondulage (ruffling) prononcé rendu possible par la rigidité du tissu pétallaire.
L’apparition du rose : la couleur rose chez les iris barbus serait apparue comme une évolution, ou une mutation, de la couleur jaune issue de l’espèce I. variegata, possible uniquement avec des plantes tétraploïdes. Le doublement chromosomique a déverrouillé des combinaisons pigmentaires impossibles au niveau diploïde.
Chez les iris de Sibérie : la comparaison directe
Chez les iris de Sibérie, la comparaison diploïde/tétraploïde est particulièrement instructive car les deux types coexistent en culture. Selon McEwen (1996), les tétraploïdes présentent des fleurs nettement plus grandes (environ le double de la surface des segments du périanthe), des couleurs plus riches et saturées, un feuillage et des hampes plus robustes, un ondulage plus marqué, et une texture veloutée caractéristique.
Mesures précises chez Iris × norrisii
Chez Iris × norrisii (hybride intergénérique), la conversion tétraploïde a produit des fleurs 26 % plus grandes, des fruits 54 % plus longs et des stomates visiblement plus gros. Chez I. fulva, le doublement chromosomique a augmenté le diamètre du grain de pollen de 25 % et la taille des stomates de 30 %, mais a aussi réduit la germination du pollen de 30 % à 6 %, illustrant que la polyploïdie n’est pas sans contreparties.
McEwen et Tamberg — la colchicine au service de l’iris
La maîtrise pratique de la ploïdie chez les iris doit beaucoup à deux figures complémentaires : le médecin américain Currier McEwen et le chimiste allemand Tomas Tamberg.
Currier McEwen (1902–2003) : le médecin-hybrideur
McEwen, rhumatologue renommé et doyen de la faculté de médecine de l’Université de New York, connaissait bien la colchicine pour son usage médical contre la goutte. En
En
Tomas Tamberg : le chimiste berlinois
Tomas Tamberg, docteur en chimie basé à Berlin, poussa la technique plus loin encore. À partir des années 1970, inspiré par McEwen, il utilisa la colchicine non seulement pour créer des iris de Sibérie tétraploïdes, mais surtout pour rendre fertiles des hybrides interspécifiques qui étaient stériles au niveau diploïde.
Parmi ses créations les plus remarquables figurent les hybrides Tetra-Calsibe (Californicae × groupe Chrysographes,
Avec environ 100 cultivars d’iris et 100 de daylilies enregistrés, Tamberg reçut le Hybridizer Award de l’AIS (1999), la Georg-Arends-Medaille (2010) et le Hybridiser Award de la British Iris Society (2011).
Chronologie — de l’empirisme à la science de la ploïdie
La transition de l’empirisme à la science de la ploïdie chez les iris s’étend sur plus d’un siècle, jalonné de moments charnières :
Les Vilmorin ont créé des iris tétraploïdes, triploïdes et pentaploïdes vingt-cinq ans avant que Simonet ne les identifie comme tels.
Sources et bibliographie
Sources primaires — cytogénétique des iris
Simonet M. (1928). — Le nombre des chromosomes dans le genre Iris. C. R. Soc. Biol. 99 : 1314-1316.
Simonet M. (1932). — Recherches cytologiques et génétiques chez les Iris. Bull. Biol. France Belgique 66 : 255-444. Catalogue SNHF
Simonet M. (1963). — Origine des grands iris de jardin. Iris et Bulbeuses n°52 (1978, publication posthume).
Mitra J. & Randolph L.F. (1956). — Karyotype analysis of bearded iris. Botanical Gazette 117 : 265-293. doi:10.1086/335916
Randolph L.F. (1955). — A cytotaxonomic study of the bearded iris species. AIS Bulletin 139.
Sources primaires — tétraploïdie induite
McEwen C. (1996). — The Siberian Iris. Timber Press, Portland. Google Books
Ding L. et al. (2023). — Effect of tetraploidization on morphological and fertility characteristics in Iris × norrisii Lenz. Scientia Horticulturae. ScienceDirect
Yabuya T. et al. (2007). — Characterization of tetraploid plants regenerated via protoplast culture of Iris fulva. Scientia Horticulturae. ScienceDirect
Lim K.B. et al. (2007). — Parental Origin and Genome Evolution in the Allopolyploid Iris versicolor. Annals of Botany 100 : 219-224. PMC
Sources francophones
Ruaud S. — « Le compteur de chromosomes ». Blog Irisenligne, novembre 2007. irisenligne.blogspot.com
Ruaud S. — « Philippe de Vilmorin et les iris ». Blog Irisenligne, décembre 2015. irisenligne.blogspot.com
Jardins de France (SNHF). — « Deux cents ans d’iris hybrides ». jardinsdefrance.org
Jardins de France (SNHF). — « La polyploïdie : un rôle majeur dans l’évolution du génome des plantes ». Parties 1 et 2. jardinsdefrance.org
Wikipedia FR. — « Iris de jardin ». fr.wikipedia.org
SFIB. — Iris germanica L. iris-bulbeuses.org
Sources anglophones
AIS Iris Wiki. — « Drama of Iris Development ». wiki.irises.org
AIS Iris Wiki. — Biographie de Marc Simonet. wiki.irises.org
AIS Iris Wiki. — Biographie de Currier McEwen. wiki.irises.org
AIS Iris Wiki. — Biographie de Tomas Tamberg. wiki.irises.org
AIS Blog. — « A French Pioneer: Philippe de Vilmorin ». World of Irises, 2020
Telperion Oasis. — « Chromosomes: Concepts and Terminology ». telp.com
Telperion Oasis. — « The Fertile Families of Bearded and Aril Irises ». telp.com
Historic Iris Preservation Society. — « Notable Irisarians: Vilmorin ». historiciris.org
Flora of North America. — Iris germanica. floranorthamerica.org