Cytogénétique opérationnelle pour hybrideurs — échelle Randolph-Mitra, 60+ taxons
Trois points de design à graver dans le moteur avant toute autre logique
Cet outil travaille à l'échelle chromosomique Randolph-Mitra, complémentaire du Predictor v17 SFIB qui opère au niveau allélique. L'utilisateur sélectionne deux parents parmi plus de soixante taxons d'Iris, et l'outil calcule les ploïdies probables de la descendance, les risques de triploïdie stérile, les compatibilités aril-bred et le pourcentage attendu de graines viables, ainsi que la signature méiotique prédite et les recommandations cytogénétiques opérationnelles.
Le présent document consolide en un seul corpus les trois sources fondatrices — Randolph & Mitra 1961, Mitra 1956, Choi et al. 2020 — et leurs prolongements, établit la base de taxons, construit la matrice inter-sectionnelle, formalise les règles prédictives exploitables par l'algorithme, et liste vingt-cinq alertes à coder dans l'interface.
I. × germanica s.str. possède 2n=44 chromosomes en configuration aneuploïde (hybride ancien stérile), tandis que les TB modernes du commerce possèdent 2n=48 en configuration tétraploïde stricte. La base doit impérativement distinguer ces deux entités : les confondre produirait des prédictions erronées sur l'ensemble des croisements impliquant des cultivars historiques ou de parfumerie (racine d'orris).
Les Sibiricae « européennes » (sibirica, sanguinea, typhifolia) à 2n=28, x=14 d'une part, et les Sino-Siberian (chrysographes, forrestii, delavayi, clarkei, bulleyana, wilsonii) à 2n=40, x=10 d'autre part, constituent deux pools cytogénétiquement distincts. Les F1 inter-groupes 34-ch sont massivement univalents et stériles. L'interface doit les traiter comme deux sections séparées.
Les halfbreds aril-bred fertiles (famille C.G. White) possèdent exclusivement la configuration amphidiploïde AATT 2n=44, obtenue par rencontre entre un gamète non-réduit aril et un gamète réduit TB tétraploïde. Toute autre combinaison directe aril × TB produit des F1 triploïde-like 2n=34 quasi-stériles. Cette règle gouverne toute la logique aril-bred de l'outil.
Dix-huit sections accessibles depuis le menu déroulant ci-dessus, organisées en cinq groupes : les trois piliers théoriques, six panneaux de base cytogénétique couvrant l'ensemble du genre Iris, quatre panneaux de règles prédictives, un simulateur interactif opérationnel, et enfin les annexes (cas particuliers, alertes, références, conclusion).
La clé idiogrammatique du sous-genre Iris
La référence usuelle « Randolph-Mitra 1961 » recouvre en réalité deux articles complémentaires publiés dans l'American Journal of Botany : Randolph & Mitra 1959, 46(2):93–102 (« Karyotypes of Iris pumila and related species ») et Randolph & Mitra 1961, 48(10):862–870 (« Karyotypes of Iris species indigenous to the USSR »). Leur apport méthodologique est triple.
Randolph et Mitra établissent l'idiogramme du sous-genre Iris à partir de méristèmes racinaires fixés et colorés. Chaque paire chromosomique est classée par taille décroissante, mesurée en micromètres, et par position du centromère : métacentrique (M), submétacentrique (SM), acrocentrique (AC). Cet idiogramme de référence reste le cadre opérationnel pour toute caractérisation ultérieure des espèces rhizomateuses pogon.
Les auteurs démontrent qu'Iris pumila (2n=32) combine deux jeux chromosomiques de type attica et deux jeux de type pseudopumila, chacun à huit chromosomes — confirmant par le caryotype l'hypothèse émise par Simonet dès 1932 à partir de données méiotiques. Cette démonstration sert ensuite de modèle pour l'analyse de tous les amphidiploïdes pogon.
Surtout, ils formalisent une règle fondamentale : dans un hybride entre parents de tailles chromosomiques différentes, seuls les sous-génomes homologues peuvent former des bivalents. Un croisement Pumila (sets P de 8 chromosomes courts) × Pallida (sets T de 12 chromosomes longs) produit un zygote dont seuls les P s'apparient entre eux et les T entre eux. D'où la stérilité du F1, sauf si des gamètes « balancés » sont produits — comme dans le cas des SDB 2n=40 fertiles, dont la composition P+P+T+T résulte d'un gamète non-réduit pumila (16) fécondé par un gamète réduit TB tétraploïde (24).
La « classification par classes A, B, C, D » souvent citée n'est pas une nomenclature explicite de Randolph-Mitra mais une simplification pédagogique dérivée de leurs idiogrammes. Pour le moteur de l'outil, nous retenons trois classes opérationnelles :
La base de taxons doit encoder trois attributs cytogénétiques indépendants — 2n, x, classe de taille P/M/T — plutôt qu'une simple ploïdie. L'exemple SDB démontre que le comportement méiotique dépend de la composition en sous-génomes, pas seulement du nombre total de chromosomes. Deux hybrides à 2n=40 peuvent avoir des destins méiotiques opposés selon qu'ils sont 4T (auto-tétraploïde TB) ou 2P+2T (SDB allotétraploïde).
La cytogénétique princeps des iris barbus
Mitra J. 1956, « Karyotype analysis of bearded Iris », Botanical Gazette 117(4):265–293 (DOI 10.1086/335916) reste la source princeps pour la cytogénétique des Pogoniris. L'article établit six résultats fondateurs.
Mitra confirme par analyse méiotique détaillée que I. pumila forme 16 bivalents réguliers, démontrant la stabilisation complète du génome amphidiploïde. Aucun multivalent observé en première phase de méiose, confirmant la différenciation des sous-génomes parentaux.
Les deux espèces parentales de pumila sont confirmées diploïdes à huit chromosomes de base. L'analyse comparative montre que les deux caryotypes sont suffisamment distincts pour que les sous-génomes correspondants soient différenciés au sein de l'amphidiploïde.
Résultat majeur : lutescens n'est pas un tétraploïde strict mais un allotétraploïde combinant deux sets de 8 chromosomes (type dwarf) et deux sets de 12 chromosomes (type tall) : 2P + 2T. Cette structure 2n=40 2P+2T est précisément celle des SDB horticoles modernes — lutescens est donc le précurseur naturel des SDB actuelles.
À la différence de lutescens, aphylla possède quatre jeux chromosomiques du même type (4T, x=12), constituant un autotétraploïde pleinement fertile. Cette structure le rend compatible avec les TB tétraploïdes modernes 2n=48, ouvrant la voie à son utilisation dans les pedigrees TB, MTB et BB du XXe siècle.
Mitra documente la stérilité chromosomique du clone historique I. × germanica, dont les 44 chromosomes forment des configurations irrégulières en méiose. Ce résultat éclaire définitivement le statut hybride ancien du clone, distinct de toute espèce pogon définie.
Les deux diploïdes historiques (2n=24) présentent des caryotypes proches mais distinguables, avec une ou deux paires de chromosomes moyens chez pallida. Leur hybridation au XIXe siècle est à l'origine des lignées diploïdes TB pré-Foster.
La démonstration que lutescens est un hybride stabilisé dwarf × tall est fondamentale : elle explique pourquoi I. lutescens se comporte de manière fertile avec certains bearded malgré sa position taxonomique « intermédiaire », et pourquoi les SDB modernes (pumila × TB 4x) reproduisent naturellement une architecture chromosomique déjà connue dans la nature méditerranéenne.
Les iris coréens en cytogénétique moderne
Choi B., Weiss-Schneeweiss H., Temsch E.M., So S., Myeong H.-H., Jang T.-S. 2020. « Genome Size and Chromosome Number Evolution in Korean Iris L. Species (Iridaceae Juss.) », Plants 9(10):1284, DOI 10.3390/plants9101284. Cette publication quantifie par coloration Feulgen et cytométrie en flux la variation cytogénétique des quatorze Iris coréens.
Le nombre chromosomique 2n varie de 22 à 50 (facteur 2,3), et la taille du génome haploïde 1C varie de 2,39 à 7,86 picogrammes (facteur 3,3). Cette variation est non corrélée avec la phylogénie ITS — ce qui indique des événements multiples et indépendants de polyploïdie et de dysploïdie au cours de l'évolution du genre en Corée.
Choi et al. fournissent pour la première fois le comptage chromosomique d'I. odaesanensis, endémique coréen : 2n=28, caryotype 24m+4sm. Cette donnée était absente de toute la littérature antérieure.
Park I. et al. 2022, IJMS 23(18):10929, prolongent les données de Choi en combinant FISH (5S et 35S rDNA) et additivité plastomique. Ils établissent formellement que I. koreana (2n=50, caryotype 34m+16sm) est l'allotétraploïde de I. minutoaurea (parent maternel, 2n=22) × I. odaesanensis (parent paternel, 2n=28).
Le triptyque minutoaurea × odaesanensis → koreana reproduit presque à l'identique le mécanisme pumila / attica / pseudopumila démontré par Simonet 1932 et Randolph-Mitra 1959, mais dans un contexte asiatique et avec des données moléculaires contemporaines. L'outil devrait utiliser ce cas comme démonstration pédagogique de la logique amphidiploïde.
Choi & Lee 2024 (Caryologia, fupress) décrivent en outre un hybride naturel homoploïde minutoaurea × odaesanensis à 2n=25, c'est-à-dire la somme arithmétique des gamètes parentaux réduits (11 + 14). Cet hybride F1 est à pollen stérile, illustrant la barrière chromosomique classique avant l'événement de doublement amphidiploïde qui produit koreana.
Les données Choi permettent d'intégrer le continent asiatique, habituellement absent des outils occidentaux, et d'offrir aux membres de la SFIB un avantage compétitif inédit pour les programmes d'hybridation originaux — notamment sur les Pardanthopsis, les Chinenses coréens, et plus généralement sur les taxons est-asiatiques dont les comptages chromosomiques restaient dispersés dans la littérature.
Iris barbus — sous-genre Iris
Le sous-genre Iris comprend les iris barbus rhizomateux, groupe horticole dominant en Europe occidentale. La dualité entre pogoniris de petite taille (x=8, classe P) et pogoniris de grande taille (x=12, classe T) structure toute la cytogénétique du groupe. Les classes horticoles AIS modernes résultent d'hybridations interploïdiques documentées depuis Simonet 1932.
Légende : 2n = nombre somatique (valeur dominante en gras) ; x = nombre de base ; Taille = classe Randolph-Mitra (P=petit, M=moyen, T=grand) ; Pl = ploïdie fonctionnelle.
| Taxon | 2n | x | Taille | Pl | Notes cytogénétiques |
|---|---|---|---|---|---|
| I. pumila | 32 | 8 | P | 4x amphi | attica × pseudopumila ; base MDB moderne |
| I. attica | 16 | 8 | P | 2x | Balkans ; parent maternel de pumila |
| I. pseudopumila | 16 | 8 | P | 2x | Italie sud ; autre parent de pumila |
| I. reichenbachii | 24 | 8 | P-M | 3x ancien | Balkans ; parfois traité comme allo-triploïde stabilisé |
| I. aphylla | 48 | 12 | T | 4x auto | Europe Est ; clé des MTB et BB modernes |
| I. variegata | 24 | 12 | T | 2x | Parent historique de germanica |
| I. pallida | 24 | 12 | T | 2x | Parent historique ; 1–2 paires M |
| I. × germanica s.str. | 44 | — | T | aneuploïde | Hybride stérile 20+24 ; distinct du TB 4x |
| I. mesopotamica | 44–48 | 12 | T | 4x | Import Foster ; tétraploïde |
| I. trojana | 48 | 12 | T | 4x | Import Foster 1885 |
| I. cypriana | 48 | 12 | T | 4x | Import Foster 1888 |
| I. kashmiriana | 24 / 44–48 | 12 | T | 2x ou 4x | Cytotypes multiples |
| I. illyrica | 24 | 12 | T | 2x | Proche de pallida |
| I. lutescens / chamaeiris | 40 | — | P+T | 4x allo | Configuration 2P+2T (Mitra 1956) |
| I. croatica | 48 (44) | 12 | T | 4x | Croatie et Slovénie |
| I. perrieri | 24 | 12 | T | 2x | Endémique de Savoie |
| I. imbricata | 24 | 12 | T | 2x | Caucase et Iran |
| I. albicans | 44 | — | T | aneuploïde | Clone stérile des cimetières musulmans |
| I. florentina | 44 | — | T | aneuploïde | nothovar. de germanica ; clone de parfumerie |
| Classe | 2n typique | Composition chromosomique |
|---|---|---|
| MDB (Miniature Dwarf Bearded) | 32 (parfois 40) | pumila pure ou SDB × pumila |
| SDB (Standard Dwarf Bearded) | 40 | 2P + 2T (pumila × TB 4x) — fertile |
| IB (Intermediate Bearded) | 44 | SDB 40 × TB 48 |
| BB (Border Bearded) | 48 | TB tétraploïde de petite taille |
| MTB (Miniature Tall Bearded) | 48 moderne / 24 historique | Diploïdes ou tétraploïdes aphylla |
| TB (Tall Bearded) moderne | 48 | 4T, tétraploïde fertile |
Les importations de Sir Michael Foster (trojana, cypriana, mesopotamica, kashmiriana, 'Amas') ont fait basculer les TB du statut diploïde 2n=24 au statut tétraploïde 2n=48 via des gamètes non-réduits. Les cultivars fondateurs de la tétraploïdie TB moderne sont 'Caterina', 'Crusader' (1913), 'Shelford Chieftain'. Toute la lignée TB moderne descend de ces quatre à cinq espèces orientales.
Oncocyclus, Regelia, Pseudoregelia — la diploïdie stable
Le groupe aril rassemble trois sous-ensembles distincts mais interfertiles : les Oncocyclus (Proche-Orient, 16 espèces), les Regelia (Asie centrale) et les Pseudoregelia (Himalaya). La caractéristique cytogénétique majeure du groupe est la stase karyologique : tous les Oncocyclus sont diploïdes stricts 2n=20, sans aucun tétraploïde naturel connu, phénomène exceptionnel dans un genre aussi polyploïde que Iris.
| Taxon | 2n | x | Notes |
|---|---|---|---|
| ONCOCYCLUS — 16 espèces, toutes 2n=20 | |||
| I. susiana, I. iberica (+ sspp. elegantissima, lycotis), I. paradoxa, I. sari, I. lortetii, I. atropurpurea, I. atrofusca, I. bismarckiana, I. sofarana, I. gatesii, I. hermona, I. nazarena, I. samariae, I. barnumae, I. haynei, I. kirkwoodii, I. camillae, I. acutiloba | 20 | 10 | Karyotype bimodal (4–5 paires longues + 6 paires courtes) ; 3 loci 35S rDNA ; stase caryologique totale ; aucun tétraploïde naturel |
| REGELIA | |||
| I. korolkowii | 22 (33/44 rares) | 11 | Forme type diploïde |
| I. stolonifera | 44 | 11 | Tétraploïde |
| I. hoogiana | 44 | 11 | Tétraploïde |
| I. afghanica | 22 | 11 | Diploïde |
| I. darwasica | 22 | 11 | Diploïde |
| PSEUDOREGELIA | |||
| I. kemaonensis, I. hookeriana, I. goniocarpa, I. tigridia | 22 (parfois 24) | 11 | Comptages anciens divergents |
L'ensemble des 33 espèces aril testées par Avishai & Zohary 1980 produit des F1 pleinement fertiles en croisements intra-sectionnels. L'isolement entre espèces Oncocyclus est écologique (niches édaphiques et climatiques) et non génétique. Oncocyclus × Regelia produisent également des hybrides pleinement intercroisables — les Regeliocyclus horticoles exploitent cette compatibilité.
La rencontre entre le groupe aril (x=10 ou 11) et le groupe bearded (x=12) constitue l'un des défis historiques de l'hybridation. L'aril directement croisé avec un TB tétraploïde produit un F1 2n=34 (10 gamète aril + 24 gamète TB) quasi-stérile : les chromosomes aril et bearded sont trop divergents pour un appariement méiotique régulier.
La voie fertile passe par la configuration amphidiploïde AATT 2n=44, constituée de deux jeux aril (AA) et deux jeux bearded tétraploïde (TT). Cette configuration est historiquement obtenue par la rencontre entre un gamète non-réduit aril (n=20) et un gamète réduit TB tétraploïde (n=24), l'ensemble donnant 44 chromosomes. Les halfbreds de la famille C.G. White reposent entièrement sur cette architecture.
Alternativement, un aril tétraploïde artificiel (obtenu par colchicine, opération techniquement difficile) croisé avec un TB tétraploïde donne directement des halfbreds AATT 2n=44. Enfin, aril × SDB 2n=40 produit des median arilbreds 2n=42 de fertilité variable.
Sibiricae, Laevigatae, Louisiana
Le sous-genre Limniris comprend les iris apogon (sans barbe) rhizomateux, groupe cytogénétiquement hétérogène dont les sections horticoles majeures présentent des architectures chromosomiques très contrastées.
Les Sibiricae se divisent en deux pools cytogénétiquement distincts qu'il faut impérativement séparer dans le simulateur : la subser. Sibiricae à 2n=28, x=14 (diploïdes intercroisables) et la subser. Chrysographes dite Sino-Siberian à 2n=40, x=10 (paléo-tétraploïdes fonctionnels). Les F1 inter-pools à 34 chromosomes sont massivement univalents et stériles.
| Taxon | 2n | x | Notes |
|---|---|---|---|
| I. ensata | 24 | 12 | Hanashobu japonais |
| I. laevigata | 32 | 16 | Caryotype 22m+10sm |
| I. pseudacorus | 34 (22, 24, 32 rares) | 17 | Variabilité populationnelle |
| I. virginica | 70–72 | ~18 | Paléo-tétraploïde |
| I. versicolor | 108 | 6x allo | virginica × setosa + doublement |
Les croisements inter-Laevigatae (ensata × laevigata, ensata × pseudacorus) produisent des F1 stériles nécessitant une amphidiploïdisation pour restaurer la fertilité. Yabuya 1985 et 1991 ont documenté les configurations autoallotétraploïdes laevigata × ensata.
I. setosa 2n=38, circum-arctique, forme un groupe cytogénétique isolé ; formes régionales 2n=36 rares. Peu d'hybrides viables avec d'autres sections.
| Taxon | 2n | Notes |
|---|---|---|
| I. fulva | 42 | Espèce rouge |
| I. brevicaulis | 42 | Espèce bleue à tige coudée |
| I. nelsonii | 42 | Espèce hybride stabilisée |
| I. hexagona | 44 | Floride et Caroline du Sud |
| I. giganticaerulea | 44 | Louisiane côtière |
| I. savannarum | 44 | Floride centrale |
Les cinq à six espèces Louisiana s'hybrident librement malgré l'écart 42/44. Les F1 forment 21 bivalents plus 1 à 2 univalents, avec fertilité substantielle. Introgression naturelle bidirectionnelle documentée par Arnold 1990-1993, confirmée par Taylor 2021 en SNP. Mertzweiller a induit des tétraploïdes par colchicine dans les années 1970-1980. I. nelsonii est une espèce hybride homoploïde stabilisée, principalement dérivée de fulva selon Taylor 2021.
Sections moins courantes mais horticolement importantes
| Taxon | 2n | x | Notes |
|---|---|---|---|
| I. spuria s.str. (+ sspp. musulmanica, carthaliniae, halophila) | 44 | 22 | Forme nominale |
| I. spuria subsp. maritima | 38 | 19 | Forme occidentale |
| I. orientalis (ochroleuca) | 40 | 20 | Base des cultivars |
| I. crocea (aurea) | 40 | 20 | Cachemire |
| I. monnieri | 40 | 20 | Hybride ancien |
| I. sintenisii | 16 | 8 | Petit groupe européen |
| I. graminea | 34 (38, 40) | 17/19/20 | Formes polyploïdes |
| I. kerneriana | 18 | 9 | Anatolie |
Toutes les Pacific Coast Iris possèdent 2n=40, x=20 — uniformité remarquable qui fonde l'interfertilité totale du groupe : I. douglasiana, I. innominata, I. tenax, I. macrosiphon, I. bracteata, I. chrysophylla, I. hartwegii, I. tenuissima, I. munzii, I. purdyi, I. fernaldii, I. ×thompsonii.
Les croisements Pacific Coast × Sibiricae 40-ch (les fameux Cal-Sibes) produisent des F1 morphologiquement superbes mais stériles, malgré l'identité numérique 40=40. Les chromosomes PCI et Sino-Siberian ne sont pas suffisamment homologues pour former des bivalents réguliers en méiose. Le doublement en octoploïdes 80 relance la fertilité (travaux Tamberg).
| Taxon | 2n | Notes |
|---|---|---|
| I. foetidissima | 40 | Section Foetidissima, Europe occidentale |
| I. unguicularis | 40 (var. cretensis 4x=40) | Section Syriacae |
| I. lactea / pallasii | 40–44–50 | Polyploïdie variable |
| I. ruthenica | 42 (2x), 84 (4x) | Section Ruthenicae |
| I. uniflora | 42 | Proche ruthenica |
| Taxon | 2n | Notes |
|---|---|---|
| I. tectorum | 28 (32) | Japon et Chine |
| I. japonica | 34 (variable 28–55) | Triploïdes stériles fréquents |
| I. confusa | 30 (32) | Chine du Sud-Ouest |
| I. wattii | 30 | Nord-Est indien |
| I. milesii | 28 | Himalaya occidental |
| I. cristata | 22 (24, 32, 42) | Amérique du Nord Est |
| I. lacustris | 42 | Grands Lacs |
| I. tenuis | 28 | Oregon |
| I. gracilipes | 26 (30) | Japon |
Base Choi et al. 2020, prolongée par Park 2022 et Choi & Lee 2024
L'intégration des données coréennes de Choi 2020 constitue l'un des apports distinctifs du simulateur SFIB par rapport aux outils occidentaux existants. Les quatorze espèces coréennes couvrent une amplitude de variation cytogénétique exceptionnelle et incluent un cas école d'allotétraploïdie récente.
| Taxon | 2n | x | Notes cytogénétiques |
|---|---|---|---|
| I. minutoaurea | 22 | 11 | Caryotype 18m+4sm ; diploïde parental maternel de koreana |
| I. odaesanensis | 28 | 14 | Caryotype 24m+4sm ; premier comptage publié par Choi 2020 |
| I. koreana | 50 | — | Caryotype 34m+16sm ; allotétraploïde minutoaurea (♀, 22) × odaesanensis (♂, 28) |
| I. rossii | 32 | 16 | Caryotype 24m+8sm |
| I. dichotoma (ex-Pardanthopsis) | 32 | 16 | Réintégré dans Iris par Wilson 2004 |
| I. domestica (ex-Belamcanda) | 32 | 16 | Réintégré par Goldblatt & Mabberley 2005 |
| I. oxypetala | 40 | 20 | Caryotype 36m+4sm |
Choi & Lee 2024 décrivent un hybride naturel F1 de 2n=25 chromosomes (11 + 14 gamètes parentaux réduits), à pollen stérile. Cet hybride illustre parfaitement la barrière chromosomique classique : les deux caryotypes parentaux sont trop divergents pour un appariement méiotique régulier, et seule une amphidiploïdisation (par gamète non-réduit) permet la stabilisation durable — précisément ce qui s'est produit pour engendrer I. koreana 2n=50.
Le triptyque minutoaurea + odaesanensis → koreana fournit un exemple pédagogique moderne, documenté par cytométrie et FISH, du mécanisme allotétraploïde établi par Simonet et Randolph-Mitra pour pumila.
Les espèces coréennes sont peu exploitées en Europe occidentale. Les possibilités ouvertes incluent : (a) croisements dichotoma × domestica pour obtenir des ×norrisii fertiles ; (b) exploration de rossii (2n=32) comme parent dans des hybrides avec Lophiris ; (c) tentatives d'hybridation minutoaurea × odaesanensis avec traitement colchicine pour reproduire artificiellement l'événement amphidiploïde naturel de koreana.
Juno, Reticulata, Xiphium — trois sous-genres isolés
Les iris bulbeux occupent trois sous-genres cytogénétiquement et reproductivement isolés du groupe rhizomateux, et isolés entre eux. Aucun hybride rhizomateux × bulbeux n'est documenté. Cette barrière absolue est l'un des premiers contrôles à exécuter dans le moteur.
Dysploïdie marquée avec x variable de 8 à 12. Phylogénie plastidique (Guo & Wilson) révèle plusieurs clades distincts. Fertilité interspécifique variable.
| Taxon | 2n | x | Notes |
|---|---|---|---|
| I. bucharica | 24 (22, 44) | 12 | Clade Bucharica |
| I. magnifica | 24 | 12 | Clade Bucharica |
| I. aucheri | 24 (22) | 11–12 | Clade occidental |
| I. graeberiana | 22 | 11 | Clade intermédiaire |
| I. warleyensis | 22 | 11 | Clade intermédiaire |
| I. vicaria | 22 | 11 | Asie centrale |
| I. willmottiana | 22 | 11 | Clade central |
| I. persica | 18 (24, 38) | 9/12 | Polymorphe |
| I. cycloglossa | 16 | 8 | Basal, pollen à aperture zonale distincte |
| I. rosenbachiana | 18 | — | Sect. Physocaulon |
Groupe des iris bulbeux nains à floraison hivernale. Polymorphisme chromosomique élevé, triploïdes stériles parmi les formes commerciales.
| Taxon | 2n | x | Notes |
|---|---|---|---|
| I. reticulata | 16, 18, 20, 30, 36 | 8–10 | Très variable selon populations |
| I. danfordiae | 18 fertile / 27 triploïde stérile | 9 | Le clone commercial = 3x stérile |
| I. histrioides | 16 (17) | 8 | Anatolie |
| I. winogradowii | 18 | 9 | Endémique du Caucase |
| I. bakeriana | 20 | 10 | Iran et Turquie Est |
| I. kolpakowskiana | 20 | 10 | Sect. Monolepis — distincte |
| I. pamphylica | 20 | 10 | Sect. Brevituba |
| I. vartanii | 20 | 10 | Palestine et Syrie |
Les hybrides horticoles 'Katharine Hodgkin' et 'Sheila Ann Germaney' résultent du croisement winogradowii × histrioides.
Quatre groupes distincts (Martinez 2010) séparés par nombre chromosomique et affinités plastidiques.
| Taxon | 2n | x | Groupe Martinez 2010 |
|---|---|---|---|
| I. xiphium | 34 | 17 | Groupe 1 |
| I. filifolia | 30 / 34 | — | Groupe 1 |
| I. tingitana | 28 | 14 | Groupe 1 |
| I. juncea | 32 | 16 | Groupe 2 |
| I. boissieri | 36 | 18 | Groupe 2 |
| I. serotina | 34 | 17 | Groupe 3 isolé |
| I. latifolia | 42 | 21 | Groupe 4 isolé (English iris) |
L'Iris × hollandica (iris de Hollande) résulte de la combinaison xiphium × filifolia × tingitana opérée par Van Tubergen à la fin du XIXe siècle. Les hybrides sont possibles parce que ces trois espèces du groupe 1 partagent 2n=34. L'I. latifolia (English iris, 2n=42) reste en revanche isolé reproductivement des Dutch iris.
Synthèse inter-sectionnelle à douze dimensions
Cette matrice synthétise la fertilité attendue des croisements inter-sectionnels, établie à partir de la littérature horticole et scientifique (Randolph, Lenz, Avishai, Mertzweiller, Yabuya, Tamberg, Arnold et autres). Les valeurs sont des ordres de grandeur sujets à variation génotypique.
| Bearded | Aril | Sib-28 | Sib-40 | Laev | Lou | Spu | PCI | Set | Juno | Ret | Xiph | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Bearded | F | D* | I | I | I | I | I | I | I | I | I | I |
| Aril | D* | F | I | I | I | I | I | I | I | I | I | I |
| Sib-28 | I | I | F | D | I | I | I | I | D | I | I | I |
| Sib-40 | I | I | D | F | I | I | I | D | I | I | I | I |
| Laev | I | I | I | I | F/D | I | I | I | I | I | I | I |
| Lou | I | I | I | I | I | F | I | I | I | I | I | I |
| Spu | I | I | I | I | I | I | F | I | I | I | I | I |
| PCI | I | I | I | D | I | I | I | F | D | I | I | I |
| Set | I | I | D | I | I | I | I | D | F | I | I | I |
| Juno | I | I | I | I | I | I | I | I | I | D | I | I |
| Ret | I | I | I | I | I | I | I | I | I | I | D | I |
| Xiph | I | I | I | I | I | I | I | I | I | I | I | F |
Les F1 directs aril 2n=20 × TB 2n=48 donnent 2n=34 triploïde-like quasi-stérile. La voie fertile passe par l'amphidiploïde AATT 2n=44 (famille C.G. White) obtenu via gamète non-réduit du parent aril. Aril 4x (colchicine, difficile) × TB 4x donne directement des halfbreds 44. Aril × SDB 40 donne des median arilbreds 42 variables.
Intra-espèce la compatibilité est bonne, mais ensata × laevigata ou ensata × pseudacorus donnent des F1 stériles nécessitant amphidiploïdisation (Yabuya 1985, 1991).
Morphologiquement superbes mais stériles malgré l'identité numérique 40=40 — les chromosomes ne sont pas suffisamment homologues. Le doublement à 2n=80 relance la fertilité.
F1 34-ch massivement univalents, stériles ; amphidiploïdes à 2n=68 documentés par McEwen et Tamberg.
Fertilité inter-Juno très variable selon les clades de Guo & Wilson. Les Juno du même clade (Bucharica, occidental, central) sont relativement compatibles ; les Juno inter-clades donnent des F1 généralement stériles.
Invariants cytologiques et barrières ploïdiques
L'appariement méiotique ne forme de bivalents (notés II) que si les chromosomes sont homologues, c'est-à-dire qu'ils portent les mêmes loci dans le même ordre et que leur divergence en séquence est typiquement inférieure à 5 %. Les chromosomes homéologues, issus de sous-génomes distincts dans un allopolyploïde, s'apparient partiellement selon le degré de divergence et l'éventuelle suppression par des gènes de type Ph (Pairing homoeologous, non documentés chez Iris).
La fréquence attendue de bivalents suit une décroissance exponentielle avec la distance phylogénétique. Règle opérationnelle calibrée sur Lilium et transposable :
| Croisement | Résultat F1 | Fertilité | Seed set attendu |
|---|---|---|---|
| 2x × 2x intra-section | 2x | Haute | 60–95 % |
| 2x × 2x inter-sections | 2x stérile | Nulle à faible | 0,1–5 % |
| 2x × 3x | Aneuploïdes, rare 2x/3x/4x | Quasi-nulle | 0,1–3 % |
| 2x × 4x (♀ = 2x) | 3x à 90 % ; 4x rare via gamète 2n | Stérile sauf 4x | ~1 % — 100× plus dur que 2x×2x |
| 4x × 2x (♀ = 4x) | 3x à 90 % | Stérile | ~0,1 % — 400–500× plus dur |
| 3x × 3x | Mosaïque 3x/4x/5x/6x/aneu | Faible à modérée | 0–30 % |
| 3x × 4x | 5x + aneu | Quasi-stérile | < 5 % |
| 4x × 4x intra-section | 4x | Haute | 40–80 % |
| 4x × 4x amphidiploïde compatible | 4x | Haute (AATT) | 30–70 % |
| 4x × 6x | 5x stérile | Nulle | < 1 % |
| 2x × 6x | 4x possible | Selon homologie | 1–10 % |
| F1 2x stérile + colchicine | Amphidiploïde 4x | Restaurée | Taux conversion 5–30 % |
Le « triploid block » désigne l'observation que le croisement dans le sens ♀ ploïdie ≥ ♂ ploïdie (excès maternel) donne systématiquement de meilleurs résultats que l'inverse (excès paternel). La pénalité directionnelle est d'environ ×0,2 à ×0,5 en cas d'inversion. L'Endosperm Balance Number théorisé par Johnston 1980 n'a pas été formellement validé chez Iris, mais les observations empiriques de Heidt 1992 sur les Louisiana sont cohérentes avec cette règle.
Fréquences attendues et modificateurs
Les gamètes 2n non-réduits constituent le mécanisme naturel dominant de génération de polyploïdes nouveaux et de restauration de fertilité dans les F1 hybrides. Les données spécifiquement iris sont fragmentaires ; les fréquences proposées ci-dessous extrapolent de la littérature Lilium (Lim, Ramanna, Jansen 2001-2005 ; Barba-González 2004-2005), bien caractérisée et transposable.
| Configuration parentale | Fréquence gamètes 2n attendue |
|---|---|
| Diploïde pur, intra-section | 0,1–0,5 % |
| Hybride F1 2x intra-section | 0,5–3 % |
| Hybride F1 2x inter-section partiellement apparenté | 2–15 % |
| Hybride F1 aril × TB diploïde | 1–10 % (base historique des amphidiploïdes) |
| Triploïdes | 10–50 % (très variable) |
Chez Lilium, seulement 1,7 % des génotypes F1 produisent des gamètes 2n détectables (Lim 2005). Un facteur génotype-dépendant aléatoire de ×0,5 à ×5 doit être admis dans toute prédiction. L'outil peut indiquer une fourchette, mais ne peut prédire avec précision pour un clone individuel.
Dans le calcul de distribution de ploïdie F1, la probabilité de production d'un polyploïde supérieur via gamète 2n est estimée par :
Formalisation opérationnelle en neuf étapes
Le moteur prédictif du simulateur opère en neuf étapes successives, combinant la distance phylogénétique, l'écart chromosomique, le facteur de section, la configuration ploïdique et la directionnalité du croisement pour produire une estimation de viabilité, une distribution de ploïdie F1 et une signature méiotique prédite.
Δ2n=28 ; S=2 ; f_chr ≈ 0,06 ; f_sec ≈ 0,10 ; f_ploidy ≈ 0,01 ; viabilité ≈ 0,005 %. F1 2n=34 stérile sauf via gamète 2n aril → amphi 44 fertile (voie C.G. White historique).
Δ2n=16 ; S=1 ; f_chr ≈ 0,20 ; f_sec ≈ 0,5 ; f_ploidy ≈ 1,0 ; viabilité ≈ 9 %. F1 2n=40 (SDB fertile 2P+2T) — fondation des classes horticoles dwarf modernes.
Δ2n=2 ; S=1 ; f_chr ≈ 0,82 ; f_sec ≈ 0,7 ; f_ploidy = 1 ; viabilité ≈ 52 %. F1 43-chr fertile (Louisiana standard). Cas le plus favorable du complexe Hexagonae.
Les valeurs numériques ci-dessus sont des ordres de grandeur calibrés sur la littérature iris et lilium. La SFIB pourrait, via collecte systématique des résultats de pollinisation des membres, calibrer a posteriori les coefficients f_chr, f_sec et f_ploidy — transformant le simulateur en plateforme cumulative de cytogénétique iris française.
Sélectionnez deux parents pour prédire la descendance
L'interface ci-dessous implémente l'algorithme en neuf étapes décrit dans la section précédente. Sélectionnez un parent maternel (porte-graine) et un parent paternel (pollinisateur) dans la base des 60+ taxons, puis lancez la simulation pour obtenir la viabilité estimée, la distribution de ploïdie F1, la signature méiotique et les recommandations cytogénétiques.
Treize situations à traiter explicitement dans le moteur
Clone stérile aneuploïde issu d'une hybridation ancienne, probablement 40-ch × 24-ch à gamète non-réduit. Propagation exclusivement rhizomateuse depuis plusieurs siècles (racine d'orris en parfumerie). Dans le moteur, le traiter comme « ploïdie 3x apparente, stérile, parent non utilisable ».
Clone unique stérile distribué pour les cimetières musulmans depuis l'expansion islamique ; karyotype irrégulier, pollen inopérant. Identité clonale mondiale — une seule entité génétique.
Distinct des TB modernes. C'est un aneuploïde stérile « Grandma's Old Blue ». Les TB du commerce étiquetés « germanica » sont en réalité des 2n=48. Dans la base, créer deux entrées distinctes : « I. × germanica historique 44 stérile » et « TB 4x 48 fertile ».
trojana, cypriana, mesopotamica, kashmiriana, 'Amas' ont fait passer les TB du statut diploïde 24 au statut tétraploïde 48 via gamètes non-réduits. Cultivars fondateurs : 'Caterina', 'Crusader' (1913), 'Shelford Chieftain'. Toute la lignée TB moderne descend de ces quatre à cinq espèces.
Autotétraploïde naturel 2n=48 compatible avec TB 4x. Utilisé par Cook ('Sable' 1938), Schreiner, Hager (premier MTB 4x 'New Idea' 1970), et Black. Apporte rusticité et ramification basse aux cultivars modernes.
Au-delà du 44-ch standard, existent des lignes pentaploïdes ('Koriantha' de Simonet, 'Kelita Adah' de Rich), hexaploïdes Werckmeister (stolonifera × amphi 44), et octoploïdes ('Hoag-Cham' par colchicine). Fertilité partielle ; niche d'experts.
Les cinq espèces s'hybrident librement malgré l'écart 42/44 ; les F1 forment 21 bivalents plus 1 à 2 univalents. Introgression naturelle bidirectionnelle documentée (Arnold 1990, 1991, 1993 ; Taylor 2021 SNP). Mertzweiller a induit des tétraploïdes par colchicine dans les années 1970-1980. I. nelsonii = espèce hybride homoploïde stabilisée (principalement dérivée de fulva selon Taylor 2021, révisant Randolph 1966).
Allopolyploïde fossile I. virginica (70) × I. setosa (38) + doublement ; GISH confirmé par Lim et al. 2007. Loci rDNA du sous-génome setosa en cours d'élimination (diploïdisation active). Tentatives artificielles virginica × setosa donnent des graines vides.
2n=34 dominant (karyotype 22m+4sm+8st) ; cytotypes mineurs 22, 24, 32 probablement aneuploïdes. Dans la base, retenir 34 comme valeur par défaut avec flag « variabilité populationnelle élevée ».
Traiter dans l'interface comme deux entités séparées : « Sibirica-gardien » (sibirica, sanguinea, typhifolia) et « Sino-Sibirica » (chrysographes, forrestii, delavayi, clarkei, bulleyana, wilsonii). F1 inter-groupe 34-ch stérile ; amphidiploïdisation possible mais coûteuse (travaux Tamberg).
Tous à 2n=40, le noyau horticole PCI est idéalement interfertile ; introgression ouverte, ce qui permet des programmes d'hybridation sans contrainte cytogénétique majeure à l'intérieur de la série.
Réintégré dans Iris comme subg. Pardanthopsis (Wilson 2004, 2011). Donne l'hybride fertile ×norrisii avec I. domestica (ex-Belamcanda). 2n=32 pour les deux parents.
Cas école Choi/Park : minutoaurea (22, ♀) × odaesanensis (28, ♂) → 50 chromosomes. À utiliser comme démonstration pédagogique dans l'outil.
Flags à coder dans le moteur, chacun associé à une condition logique
Chaque alerte est une chaîne de caractères associée à une condition dans le moteur. L'affichage d'une alerte se déclenche automatiquement quand la condition est remplie au moment de la simulation. Les alertes sont classées par catégorie de risque.
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Architecture finale pour l'outil SFIB
Trois décisions de design s'imposent au vu des données consolidées.
La base de taxons doit encoder trois attributs cytogénétiques indépendants : le nombre somatique 2n, le nombre de base x, et la classe de taille P/M/T selon Randolph-Mitra. Une simple ploïdie est insuffisante. L'exemple SDB (2P+2T, 2n=40 fertile) démontre que le comportement méiotique dépend de la composition en sous-génomes, pas seulement du nombre total de chromosomes. Deux hybrides à 2n=40 peuvent avoir des destins méiotiques opposés selon qu'ils sont 4T (autotétraploïde TB) ou 2P+2T (SDB allotétraploïde).
La matrice sectionnelle doit traiter Sibirica-28 et Sibirica-40 comme deux sections distinctes, et I. × germanica historique (44 aneuploïde) comme une entrée à part des TB tétraploïdes modernes (48). Sans cette granularité, l'outil donnera des prédictions erronées sur les cas horticoles les plus importants.
Le moteur doit produire non seulement une viabilité estimée, mais aussi une signature méiotique prédite (pourcentage de bivalents attendu) et une distribution de ploïdies F1 (probabilités de 2x / 3x / 4x / aneuploïdes). Ces deux sorties permettent à l'hybrideur de décider s'il doit tenter un doublement colchicine ou un embryo rescue avant même la pollinisation.
L'outil se distinguera du Predictor v17 (allélique) par sa capacité à prédire les impasses stériles avant la pollinisation et à suggérer les voies amphidiploïdes que les hybrideurs empiriques ont découvertes sur un siècle (Foster → C.G. White → Yabuya → Mertzweiller → Tamberg). Les données Choi 2020 permettent en outre d'intégrer le continent asiatique, habituellement absent des outils occidentaux, et d'offrir aux membres de la SFIB un avantage compétitif inédit pour les programmes d'hybridation originaux (notamment sur les Pardanthopsis et les Chinenses coréens).
La faible disponibilité de données quantitatives iris-spécifiques (par opposition au corpus Lilium) impose de documenter explicitement dans l'interface le statut heuristique des valeurs de viabilité : les formules composites proposées sont des ordres de grandeur, calibrables a posteriori sur les registres de pollinisation SFIB. Cette capacité de calibration itérative — possible si l'outil enregistre les résultats observés — transformerait le simulateur en véritable plateforme cumulative de cytogénétique iris.
À terme, la collecte systématique des résultats de pollinisation par les hybrideurs de la SFIB pourrait calibrer a posteriori les coefficients du moteur (f_chr, f_sec, f_ploidy). Chaque croisement documenté deviendrait un point de calibration, et les prédictions s'affineraient itérativement. Cette approche transformerait le simulateur d'outil statique en infrastructure de recherche collaborative unique en France.
Le siècle de recherches empiriques et scientifiques a identifié plusieurs voies d'amphidiploïdisation qui restaurent la fertilité F1 :
Ces sept voies fournissent un répertoire opérationnel que le simulateur peut suggérer automatiquement selon le contexte du croisement sélectionné, via l'alerte 23 (colchicine / oryzalin recommandé). Le déploiement de ces voies par les hybrideurs SFIB pourrait enrichir considérablement le patrimoine iris français des prochaines décennies.